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L`amour comme moyen de parvenir à ses fins

Facharbeit (Schule) 2001 13 Seiten

Didaktik - Französisch - Literatur, Werke

Leseprobe

Table des matières

0. Introduction

1. Bel-Ami et Maupassant - le livre et son auteur
1.1 La présentation du contenu
1.2 Guy de Maupassant
1.2.1 La vie de l’homme Maupassant
1.2.2 « Bel-Ami, c’est moi ! » - le rapport entre Maupassant et Georges Duroy
1.3 Des pages blanches jusqu’au chef-d’œuvre
1.3.1 La genèse du roman « Bel-Ami »
1.3.2 La réaction de la presse face à la parution du livre

2. Le temps de Maupassant : la haute société parisienne au bout du XIXe siècle
2.1 Paris ou les contraintes sociales
2.2 Le rôle de la femme et de l’homme dans la bourgeoisie
2.2.1 La bourgeoise au miroir de la société
2.2.2 Le don Juan - l’homme typique ou une invention de Maupassant ?

3. L’amour comme moyen de parvenir à ses fins
3.1 Les relations de Georges Duroy et comment il les utilise
3.1.1 Mme de Marelle
3.1.2 Madeleine Forestier
3.1.3 Mme Walter
3.1.4 Suzanne Walter
3.2 L’importance de l’amour pour l’homme bourgeois
3.3 Conclusion

4. Bibliographie

0. Introduction

Dans ce travail j’étudie l ’ amour comme moyen de parvenir à ses fins à l’aide du roman Bel-Ami de Guy de Maupassant.

Sous le premier point je présente le livre, c’est-à-dire son contenu et sa genèse ainsi que la réaction de la presse parce que ce sont les journalistes qui le commentent et dont le métier est traité par Maupassant. Comme l’auteur était de son vivant presque pareil à Duroy il est absolument nécessaire de le considérer si on veut travailler un sujet concernant le personnage principal du roman. C’est pourquoi j’établis un parallèl entre ces deux sous 1.2.2 après avoir présenté la vie de Maupassant.

Toutefois, il ne suffit pas de comparer Bel-Ami avec son créateur pour arriver à un résultat satisfaisant. En conséquence je présente les contraintes sociales de la bourgeoisie parisienne et les rôles de la femme et de l’homme qu’ils ont y à jouer. J’ai décidé d’écrire ce point pour que je puisse décrire le comportement de Bel-Ami par rapport à celui du bourgeois parvenu.

Or, avant que j’exploite toutes ces comparaisons j’explicite l’amour pour Georges Duroy en présentant ses relations et dans quelle mesure il en profite. Je n’y ai pas considéré la maîtresse Rachel et Laurine, la fille de Mme de Marelle, parce qu’elles n’influencent guère son succès.

En somme, ce travail doit donner un aperçu du rôle de l’amour dans le roman par rapport à la société du XIXe siècle de sorte que ma conclusion s’explique par une référence à la réalité.

1. Bel-Ami et Maupassant - le livre et son auteur

1.1 La présentation du contenu

Etant déçu par son travail aux bureaux des chemins de fer du Nord à Paris Georges Duroy ne veut rien d’autre qu’une promotion professionnelle.

En se promenant il rencontre Charles Forestier, un ancien camarade d’armée et maintenant rédacteur au journal La Vie Fran ç aise, qui lui offre la chance de pénétrer dans le milieu journalistique. Se servant de l’aide de Madeleine Forestier, l’épouse de Charles, Georges fait ses débuts de journaliste. Pas plus tard, il apprend à connaître l’existence comme amant de Mme de Marelle, amie des Forestier et femme de la société, dont la fille, Laurine, le baptise « Bel-Ami ». Tracassé par des soucis d’argent, il accepte les dons de Mme de Marelle en ayant honte.

Bien qu’il s’endette auprès de plus en plus de gens, il ne cesse pas de chercher d’aventure. Madeleine l’avertit concernant les sentiments de Mme Walter, en conséquence il commence à faire la cour à la patronne ce qui lui rapporte sa reconnaissance de manière que son mari promeut Duroy le chef des échos. Quand Charles meurt d’une bronchite chronique, il décide d’épouser Madeleine qui lui donne sa main un demi an plus tard. La relation entre Georges Duroy, devenu Du Roy de Cantel, et Madeleine est d’une façon plutôt professionnelle : ils organisent une campagne de presse en faveur du nouveau cabinet ministériel dont le ministre des Affaires Etrangères, Laroche-Mathieu, a une liaison avec Madeleine. Quand un vieil ami d’elle meurt, Du Roy reçoit la moitié de l’héritage et il gagne soixante-dix mille francs à la bourse grâce à Mme Walter qui trahit les secrets de son mari.

Puis, il tombe amoureux de Suzanne, la fille des Walter, donc il organise un flagrant délit pour obtenir la divorce. Ensuite, il enlève Suzanne de sorte que ses parents n’ont pas une autre possibilité qu’accepter le mariage duquel Mme Walter, tombée malade d’amour, souffre affreusement.

Finalement, le baron Du Roy de Cantel, été promu rédacteur en chef de la Vie Fran ç aise et marié en grandes pompes à la Madeleine, est en train de se lancer dans une carrière politique avec sa belle épouse et sa maîtresse éternelle, Mme de Marelle.

1.2 Guy de Maupassant

1.2.1 La vie de l’homme Maupassant

« Le bébé est inscrit sur le registre de l’état civil sous le nom de Henry-René-Albert-Guy de Maupassant, né le 5 août 1850 au château de Miromesnil, commune de Tourville-sur-Arques » (Troyat, 1989, p. 11).

Il est le fils de Gustave Maupassant et Laure Le Poittevin qui est une femme moderne et intelligente, intéressée à la littérature et aux langues, et qui connaît intimement Gustave Flaubert. Avec son frère Hervé qui est né en 1856 Guy est offert une vie libre plein de luxe et de séjours par la mère tandis que Gustave passe le temps avec courant les femmes légères ou les jeunes servantes, « tout lui est bon » (Troyat, 1989, p. 12).

Quand ses parents se divorcent, Guy a neuf ans et « de cette cruelle expérience il gardera, tenace, l’idée que tout mariage est voué à l’échec » (Bury, 1991, p. 7).

En octobre 1863 il entre à l’institution ecclésiastique d’Yvetot où il compose ses premiers vers que sa mère envoie à Flaubert pour le persuader du talent de son fils.

A cause des mauvaises notes, Laure inscrit Guy au lycée de Rouen où il respire, contrairement à la sévérité d’Yvetot, « un air de tolérance et de liberté » (Troyat, 1989, p. 25). Maupassant y fait une rencontre décisive avec le poète Louis Bouilhet et l’ami intime de ce dernier, Gustave Flaubert. Guy les prend vite pour ses maîtres et sait définitivement qu’il sera écrivain. Après avoir reçu bachelier ès lettres le 27 juillet 1869, il s’inscrit en octobre en première année de droit à Paris.

Comme la guerre de 1870/71 à laquelle il a participé a ruiné sa famille il est forcé de travailler comme fonctionnaire : premièrement au ministère de la Marine et à partir de 1878 à celui de l’instruction publique. Malgré son travail il écrit beaucoup et entretient des nombreuses relations avec les écrivains de son temps. L’année 1880 est la plus merveilleuse et la plus terrible à la fois : grâce à la parution de « Boule-de-Suif » le 17 avril il entre dans le monde littéraire, or le 8 mai Flaubert s’éteint à cause d’une apoplexie, par conséquent il se plonge dans le travail en collaborant au journal Le Gaulois de sorte qu’il peut abandonner le ministère.

Dès lors, sa popularité augmente tandis que sa santé s’aggrave à cause de la syphilis ce qu’il essaie de compenser en écrivant. Le résultat sont 27 livres publiés de 1880 à 1890, parmi lesquels se trouvent-ils les romans Une Vie (1883), Bel-Ami (1885), Pierre et Jean (1888), Fort comme la mort (1889), Notre C œ ur (1890) et le recueil connu Le Horla (1887).

Le succès de ses ouvrages conduit Maupassant à fréquenter la haute société parisienne « après avoir connu le monde des paysans normands, des petits fonctionnaires et des journalistes » (Bury, 1991, p. 9).

Quand son frère Hervé meurt le 13 novembre 1889, son hantise de la mort renforce et il multiplie les cures et les déplacements. Il projette d’écrire encore deux romans ce que sa maladie empêche : il perd la mémoire, la parole et en sentant venir la détérioration mentale il tente un suicide dans la nuit du 1er au 2 janvier 1892.

Après qu’on l’interne dans une clinique à Paris, Guy de Maupassant végète plus qu’un an et meurt le 6 juillet 1893.

1.2.2 « Bel-Ami, c’est moi ! » - le rapport entre Maupassant et Georges Duroy

« Bien sûr, il est le plus séduisant de tous les cinq et quelle expérience des femmes il semble avoir malgré sa jeunesse ! » (Andry, 1982, p. 35-38).

Cette citation date du temps où Maupassant ne souffre pas encore de sa maladie, où il se trouve dans la même situation que Georges Duroy au début du roman, avant de pénétrer dans la haute société : en été 1873, Maupassant s’adonne au canotage avec des amis et commence à écrire des nouvelles qui sont la base de sa gloire future. La vie lui sourit et il en profite :

« le dimanche il oublie l’odeur des dossiers poussiéreux et fait des conquêtes faciles (cf. 1.2.1 : le comportement du père). Les filles sourient à ce beau garçon à la moustache frisée. Les muscles durs, le sang sous la peau, c’est un terrible canotier qui fait pour son plaisir ses vingt lieues de Seine en un jour » (Andry, 1982, p. 31).

Les femmes l’adorent et à partir de 1881 les revues et les journaux font la même chose. C’est l’époque de la vie de Maupassant de laquelle il se souvient quand il écrit Bel-Ami en 1884 ; en lisant le roman on remarque vite que le personnage de Georges Duroy est non seulement le fruit de la créativité de Maupassant mais aussi celui de sa vie : Duroy est le Maupassant des années soixante-dix et quatre-vingts du XIXe siècle ou, pour le dire avec les mots de Gérard Delaisement :

« le roman de la presse et de l’arrivisme est un roman vécu par son auteur » (1972, p. 4)

et Maupassant le vit sans avoir honte. En voyant son intérêt il entretient une liaison avec « la petite Odilde » dont le beau-frère est un ami de Raoul Duval, directeur du journal La Nation, par conséquent on aperçoit de plus en plus articles signé par Maupassant dans ce journal ce qui ressemble à la relation entre Duroy et Mme Walter grâce à laquelle il monte en grade (cf. 3.1.3).

Entre la biographie de Maupassant et celle de Duroy on peut établir beaucoup de parallèles comme celui-ci mais il y a aussi un rapprochement entre les chroniques ou bien les contes et le roman Bel-Ami.

1.3 Des pages blanches jusqu’au chef-d’œuvre

1.3.1 La genèse du roman « Bel-Ami »

Ces deux formes littéraires typiques pour Maupassant, le conte et la chronique, sont les fragments desquels le roman est composé. En lisant Un l â che1 (publié dans Le Gaulois du 27 janvier 1884) on reconnaît le chapitre VII de la première partie où Bel-Ami montre lâcheté et courage à la fois en ayant peur et - finalement - en se battant en duel. Concernant des similitudes de contenu entre des contes et le roman il faut qu’on cite aussi Le Vengeur1 (publié dans Gil Blas du 6 novembre 1883) où il est question d’un homme qui apprend que son épouse a trompé son ex-mari défunt donc il le venge en frappant fortement la femme. Cela correspond au chapitre II de la deuxième partie du roman. Là, c’est Duroy qui soupçonne Madeleine d’avoir trompé Charles.

Ces preuves renforcent l’avis que le contenu du roman est une composition de certains contes, associés par des idées de l’auteur qu’il exprime dans ses chroniques, par exemple dans L ’ art de rompre1 (publié le 31 janvier 1881) où il décrit son opinion de l’amour comme malentendu entre l’homme et la femme. Selon Maupassant la femme ne commence qu’à aimer l’homme quand il l’a déjà quittée ce qu’en peut retrouver en étudiant la relation entre Bel-Ami et Mme Walter.

En résumé Bel-Ami est une concentration des pensées que Maupassant a publié - au cours d’une motivation suscitée par sa maladie croissante - dans un roman au lieu des documents de journaliste car le roman lui semblait être l’intermédiaire d’un vrai écrivain.

1.3.2 La réaction de la presse face à la parution du livre

Quand Bel-Ami paraît en mai 1885 le roman provoque une vague d’indignation du côté des critiques. Pourtant, il y a une assez grande divergence entre ce qu’ils disent et ce qu’ils écrivent. La première pensée des journalistes est : « Il se moque de nous ! » donc ils expriment oralement leur colère, mais ils se contiennent en ne la consignant pas par écrit.

Maupassant qui se trouve à Rome quand son œuvre entre dans les libraires donne une chronique ou plutôt une protestation d’innocence à Gil Blas qui y paraît le 7 juin 1885 :

« j’ai voulu simplement raconter la vie d’un aventurier pareil à tous ceux que nous coudoyons chaque jour dans Paris, et qu’on rencontre dans toutes les professions existantes » (Maupassant, 1990, p. 428).

En tout cas, la plupart de la critique écrite est positive et en ce qui concerne l’avis de la société, surtout celui des femmes, Maupassant est le vrai héros du roman ce que - de toute évidence - ne le dérange pas sinon il ne dédicacerait pas ainsi des exemplaires du roman à ses lectrices :

« à Madame B…, hommage de Bel-Ami lui-même » (Andry, 1982, p. 147).

2. Le temps de Maupassant : la société parisienne au bout du XIXe siècle

2.1 Paris ou les contraintes sociales

« La vie française se passe à Paris ! » Cette phrase est valable au moins depuis le règne de Louis XIV. En ce temps-là Paris était le centre culturel d’Europe et dès lors tous les beaux et riches s’y présente d`une certaine manière.

Au XIXe siècle, la haute société se rencontrait par exemple dans les cafés célèbres comme le Caf é Riche et le caf é Anglais ou on prenait une glace chez Tortoni. L’après-midi, on se promenait au bois de Boulogne et le soir était réservé pour le théâtre, l’opéra ou un dîner avec des hommes qui avaient des biens et de l’influence politique, car, selon Mariane Bury, « l’argent rythme les occupations et les plaisirs, dans une ville où sans lui on n’est rien » (1991, 75).

C’est la raison pour laquelle il n’y avait rien de plus important que posséder ; de l’argent, de l’influence dans toutes les directions et des symboles de réussite sociale parmi lesquelles il fallait souligner tout ce qui allait avec le logement et le mobilier, par exemple la rue où l’on habitait, la grandeur de l’appartement et celle de la bibliothèque, le chauffage à canalisations d’eau, l’eau courante et quant à l’ameublement, Robert Burnand a écrit :

« le charme d’un intérieur se mesure moins à la perfection qu’à l’abondance du mobilier. » donc « […] un salon doit comporter au moins deux canapés, l’un sur lequel on s’assiéra et l’autre « pour meubler » » (Crubellier, 1974, 221).

En ajoutant la mode à cette liste de « nécessités » on constate qu’une telle façon de vivre qui provoquait des dépenses élevées conduisait à ce qu’ « enrichissez-vous » devînt le principe premier du comportement bourgeois. Cependant, la fortune n’était pas le but définitif mais un moyen de recevoir de l’influence politique et économique (cf. Crubellier, 1974, 112). Ceux qui se comptaient à la bourgeoisie étaient forcés d’y réussir pour rester sans concurrence la fine fleur de la société. Toutefois - pour étudier la situation sociale - il faut qu’on fasse la différence entre les moyens ou plutôt les possibilités de la femme et celles-ci de l’homme .

2.2 Le rôle de la femme et de l’homme dans la bourgeoisie

2.2.1 La bourgeoise au miroir de la société

Depuis le XIXe siècle la femme bourgeoise nous révèle un nouveau point de vue concernant son rang social, ses vœux et ses buts dont la réalisation est le but principal.

Naturellement, il y avait aussi des seules forces d’émancipation avant ce siècle-là comme George Sand (1804 - 1876) mais ce qui se nous montre en ce cas, c’est comparable à une révolution pacifique dont le résultat est ce qu’on appelle la solidarité.

En effet, la femme devenait de plus en plus importante pour le mariage en étant responsable des contacts sociaux et en se bien présentant dans la société de façon que, si l’homme commençait seul sa carrière, un mariage « au-dessus de sa situation » lui fournissait le guide dont il avait de plus en plus impérieux besoin (cf. Crubellier, 1974, 111). Cela avait pour conséquence que c’était la femme qui n’avait pas de libertés, car elle devait maintenir la réputation du couple.

Toutefois, ce qui semblait être agréable - parce que c’était nouveau - pour la femme pouvait aussi s’aggraver, car le mariage - c’est-à-dire la plupart des mariages - dans lequel elle s’investissait était conclu ni par elle-même ni par l’homme mais par les parents, sauf si elle était émancipée et prenait ses décisions indépendamment sans que ses parents pussent l’influencer. Les seules chances de promotion professionnelle pour une femme qui n’était pas si moderne de par ses origines étaient liées à la mort du mari parce que

« la vieille fille n’est rien. Mais la veuve, dans les affaires, peut devenir l`égale de l’homme » (Crubellier, 1974, p. 112).

2.2.2 Le don Juan - l’homme typique ou une invention de Maupassant ?

Parmi les hommes de la bourgeoisie du XIXe siècle on peut distinguer deux groupes : celui-ci de notables et celui-là de parvenus.

Le notable était l’homme bourgeois de par ses origines et était né avec une bonne réputation tandis que le parvenu devait travailler dur pour réussir dans la société. Mais qu’est-ce que cela veut dire, travailler dur ? En réalité, le parvenu faisait les autres travailler, autrement dit il se servait de la société, du mariage, de la femme et de l’amour « comme un voleur se sert d’une échelle » (Maupassant, 1990, p. 429).

Il profitait des libertés que son épouse ne possédait pas (cf. 2.2.1) et considérait le mariage comme clôture et abri contre son environnement tandis que les loisirs soient réservés pour le libertinage. Quand il rencontrait une maîtresse à son goût il n’a plus pensé à la femme qui se trouvait à la maison et il n’a pas hésité à la tromper.

Contrairement à ce type d’homme, il y avait aussi des époux qui considéraient la femme comme partenaire égale en droits et constataient que la promotion sociale allait plus vite avec une alliée forte ce qui a pu conduire à l’amour. Maurice Crubellier commentait ce phénomène ainsi :

« l’amour, s’il vient, vient après le mariage. Les époux sont des associés, si possible des amis, peut-être des amants » (1974, 112).

Conclusion : dépendant de son caprice et ce qui lui semblait être mieux le bourgeois parvenu ou bien s’alliait avec la femme pour parvenir ou bien l’exclurait de ses tentatives.

3. L’amour comme moyen de parvenir à ses fins

3.1 Les relations de Georges Duroy et comment il les utilise

3.1.1 Mme de Marelle

Dans le chapitre II de la première partie du roman on peut déjà se douter de la liaison future entre Duroy et « la petite brune » parce que ce n’est qu’elle qui est décrit d’une façon exclusivement positive (cf. Maupassant, 1973, p. 53). A partir du moment où elle est conquise (chapitre V) elle est pour Duroy une complice et lui apprend à naviguer dans la société parisienne. A part cela elle lui sert comme maîtresse, toujours disponible pour le plaisir, dépendant de lui et séduite par son charme sinon ce ne serait pas elle qui lui pardonne après chaque rupture qui se passe entre eux. Mais ce comportement n’est que logique et exprime son « amoralisme absolu » (Delaisement, 1972, p. 55) qui se montre à la page 119 du roman (Maupassant, 1973) où elle caresse les pieds de Georges avec les siens et s’amuse en riant et en blaguant sous les yeux de sa servante.

Duroy sait bien qu’elle l’aime et il en profite. Il la traite comme il veut, pas toujours gentiment. A la fin du septième chapitre de la première partie il conclut :

« enfin, c’est une bien gentille maîtresse ; je serais rudement bête de la lâcher » (p. 200).

Dépendant de son caprice, il se sert d’elle ou il l’aime et même quand il la frappe rudement (pp. 404) elle lui montre encore un sourire quelques jours plus tard.

Dans l’ensemble, il semble évident que Mme de Marelle est la femme parfaite pour Georges Duroy parce qu’elle satisfait ses désirs émotifs sans poser des exigences et quoi qu’elle reçoit de lui - de la violence ou bien de l’amour - elle l’aime de tout cœur.

3.1.2 Madeleine Forestier

Cette bourgeoise ambitieuse est un exemple parfait pour la femme s’approchant de la politique. Contrairement à la femme de convention elle ne veut pas se priver de prendre ses propres décisions donc elle choit

« ses élus en fonction du rôle qu’ils ont à jouer » (Delaisement, 1972, p. 11)

ce que sa relation avec Duroy souligne. Au lieu d’un mariage c’est plutôt une communauté d’intérêts qui les associe et tous les deux en profitent : Madeleine peut travailler dans son métier préféré - le journalisme - en aidant Georges à y parvenir.

Par conséquent ce n’est pas son amour pour elle mais celui pour le journalisme qui la conquiert et quant au point de vue de Georges le mariage est un succès sur toute la ligne. Il monte en grade, reçoit la moitié de l’héritage du comte de Vaudrec et devient de plus en plus important au journal et à la société :

« il sentait grandir son influence à la pression des poignées de main et à l’allure des coups de chapeau » (Maupassant, 1973, p. 260).

Grâce à Madeleine, Georges fait la connaissance de tous les hommes touchant à la vie politique de la nation donc on peut dire qu’elle satisfait ses désirs professionnels mais quand il en assez il décide - à cause de la pure beauté de Suzanne Walter - de quitter Madeleine malgré qu’elle soit « de la race de ceux qui ne perdent jamais » (Delaisement, 1972, p. 58)

elle est défaite par Georges Duroy qui la pince en train de le tromper bien que ce soit lui qui la trompe depuis le commencement de leur mariage avec Mme de Marelle, celle-ci qui admire Madeleine pour sa faculté de réussir :

« elle est au courant de tout, elle connaît tout le monde sans avoir l’air de voir personne ; elle obtient ce qu’elle veut, comme elle veut, et quand elle veut. Oh ! elle est fine, adroite et intrigante comme aucune, celle-là. En voilà un trésor, pour un homme qui veut parvenir » (Maupassant, 1973, p. 177).

Madeleine Forestier n’a pas de veine en se mariant avec Duroy parce que cette fois - contrairement au mariage avec Charles - c’est le marié qui est plus intrigant qu’elle.

3.1.3 Mme Walter

Virginie Walter, dont le prénom montre sa façon de vivre, est une femme mal mariée, fidèle à soi-même et aux conventions sociales jusqu’à ce que Bel-Ami entre dans sa vie. Elle lui semble tout à coup intéressante quand il regarde sa poitrine se soulevant « avec effort à chaque souffle de ses poumons » (Maupassant, 1973, p. 285).

Ce qui l’incite à la séduire c’est moins le désir seul de la posséder mais de la conquérir et de la conquête Bel-Ami fait un jeu qu’elle ne peut pas gagner. En combattant ses sentiments Mme Walter exprime sa peur de découvrir le véritable amour mais comme - selon Mme de Marelle - Bel-Ami est « un ensorceleur » (p. 107) elle perd sa lutte intérieure et se lui donne (p. 311).

Déjà pendant la conquête l’ennui monte en Bel-Ami : quand Mme Walter lui jure qu’elle est vierge il dit à soi- même :

« voilà ce qui m’est bien égal, par exemple » (Maupassant, 1973, p. 311).

Dès lors elle commence à taper sur les nerves de Bel-Ami en lui donnant des petits-noms comme « mon rat, mon chien, mon chat, mon bijou, mon oiseau bleu,… » (p. 318) ce qui le fait haïr de sorte qu’il commence à la rejeter brutalement. Malgré cela elle lui permet de devenir chef des échos et de gagner de l’argent en spéculant.

En commençant à faire la cour à Suzanne Duroy ne s’occupe absolument pas des sentiments de la mère donc elle se fane comme une fleur qui n’a plus d’eau.

En résumé cette conquête renforce avant tout la conscience de sa propre valeur du Bel-Ami Duroy qui traite Mme Walter comme un jouet sans valeur en lui ôtant tous ce qui lui est important : la foi, la vertu, la santé et finalement sa fille.

3.1.4 Suzanne Walter

Avec sa pure jeunesse et sa chasteté la fille du patron enchante Bel-Ami ; la conséquence exprime-t-il ainsi :

« si j’avais été vraiment fort, c’est celle-là [Suzanne] que j’aurais épousée. C’était possible, pourtant. Comment n’y ai-je pas songé ? Comment me suis-je laissé aller à prendre l’autre [Madeleine] ? Quelle folie ! On agit toujours trop vite, on ne réfléchit jamais assez » (Maupassant, 1973, p. 355).

A partir de ce moment-là où il fait attention à elle (p. 273) ses sentiments pour Suzanne renforcent jusqu’à ce qu’il lui demande si elle se mariait avec lui s’il serait libre (cf. p. 374). Elle répond par l’affirmative donc Bel-Ami, motivé par sa beauté (cf. p. 273), sa jeunesse, son appétit de vie, son enthousiasme et son bonne humeur (cf. pp. 389), commence à faire des précautions pour l’épouser.

Suzanne satisfait ses désirs futurs parce que - grâce aux biens de son père - elle « va lui procurer une situation sociale honorable et stable » (Bury, 1991, p.76) bien qu’elle ne soit

« plus que la femme de l’homme arrivé, une femme parmi d’autres femmes mal mariées » (Delaisement, 1972, p. 55).

Mais avant qu’elle y arrive elle sera une fontaine de jouvence et Bel-Ami en boira jusqu’à ce qu’elle tarisse.

3.2 L’importance de l’amour pour le bourgeois parvenu

Pour apprendre si le personnage de Georges Duroy est étroit à la réalité ou pas il faut étudier l’importance de l’amour pour l’homme de ce temps-là.

A l’époque de colonialisme et d’industrialisation l’homme qui voulait arriver et prendre part au progrès social était forcé de s’adapter aux standards de ces idéologies-là, par exemple en profitant des autres pour son propre avantage comme l’état et les chefs d’entreprises qui ont fait des hommes travailler dans des conditions de façon inhumaine dans les colonies ou bien dans les usines. A vrai dire le parvenu n’avait pas des moyens pareils à ceux-là mais il se servait des mêmes métiers, ajout é par - et ce métier n’est qu’à lui - l’amour.

Cependant, Il est compréhensible qu’un type d’homme exactement pareil à Georges Duroy n’arriverait pas là où Bel-Ami se trouve à la fin du roman s’il ne se servait que de l’amour.

Toutefois, l’amour était important au moins pour s’allier avec des complices féminines et un homme qui avait l’admiration ou bien l’approbation des femmes avait aussi celui des maris de ces dernières. Or, on ne peut pas être absolument sûr à quel moyen - la politique, l’économie ou l’amour - l’homme normalement a attaché plus d’importance parce que cela fluctuait d’un à l’autre.

3.3 Conclusion

Avec Georges Duroy Guy de Maupassant a créé le don Juan parfait selon son idée de l’homme profitant sans scrupules du monde. En élaborant ce personnage Maupassant se sert de quelques indices : l’homme bourgeois ou bien parvenu du XIXe siècle, les héros de ces contes et finalement soi-même. Duroy utilise l’amour dans ses relations sans égard pour arriver à la politique ce qui inclut la société et à l’économie tandis qu’un de ses composants - le bourgeois parvenu - profite à parts égales de la politique et de l’économie et seulement un peu de l’amour parce que dans la société réelle il fallait s’intégrer de plus aux métiers socio-financiers pour parvenir.

Par rapport au bourgeois, le succès de Duroy est de plus permis par les femmes, donc par l’amour parce que c’est ce que fait les femmes l’admirer.

Dans l’ensemble, pour Bel-Ami l’amour est tout, avant tout un moyen de parvenir à ses fins.

4. Bibliographie

- Alvernhe, Andrée / Delaisement, Gérard : Bel-Ami. Extraits. Paris : Larousse, 1962.

- Andry, Marc : « Bel-Ami, c’est moi ! ». Paris : Presses de la cité, 1982.

- Bancquart, Marie-Claire : Images littéraires du Paris « fin-de-siècle ». Paris : éditions de la différence, 1979.

- Blondeau, Nicolas : Bel-Ami. Maupassant. Paris : Hachette, 1993 (= Grandes Œuvre).

- Bury, Marianne : Maupassant. Nathan, 1991 (= Les écrivains ; 10).

- Crubellier, Maurice : Histoire culturelle de la France. XIXe siècle - XXe siècle. Paris : Libraire Armand Colin, 1974.

- Delaisement, Gérard : Bel-Ami. Maupassant. Analyse critique. Paris : Hatier, 1972 (= Profil d’une œuvre ; 29).

- Douchin, Jacques-Louis : La vie érotique de Guy de Maupassant. Paris : Suger, 1986.

- Fortassier, Rose : Le roman français au XIXe siècle. Paris : PUF, 1982.

- Maupassant, Guy de : Bel-Ami. Préface de Jean-Louis Bory. Gallimard, 1973.

- Maupassant, Guy de : Bel-Ami. Préface et notes d’Odile Bombarde. Commentaires de Claude Aziza. Pocket, 1990.

- Maupassant, Guy de : Bel-Ami. Traduit par Josef Halperin. Frankfurt a.M., Leipzig : Insel, 1977.

- Rincé, Dominique : La littérature française du XIXe siècle. PUF, 1978.

- Troyat, Henri : Maupassant. Paris : Flammarion, 1989.

[...]


1 Voir Maupassant, Guy de : Bel-Ami. Préface et notes d’Odile Bombarde. Commentaires de Claude Aziza. Pocket, 1990.

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2001
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Deutsch
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v105107
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14 Punkte
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L`amour

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Titel: L`amour comme moyen de parvenir à ses fins