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Le fascisme italien - Un bref survol

Seminararbeit 2010 10 Seiten

Geschichte Europa - and. Länder - Zeitalter Weltkriege

Leseprobe

INTRODUCTION

Issu initialement de la Rome antique, le fascio, faisceau de bois regroupé autour d‘une hache, symbolise le regroupement autour du chef et le terme sera utilisé dans à la fin du XIXè siècle tant par les faisceaux de travailleurs siciliens, que par les faisceaux d‘action révolutionnaire des interventionnistes de gauche. En français, l‘équivalent du terme faisceau serait ligue. Mais en mars 1919 c‘est bien par la réunion de plusieurs mouvements disparates autour d‘un chef, Benito Mussolini que le mouvement des Fasci italiani di combattimento est fondé et va, au fil de la décade suivante connaître une inabrogeable prise de pouvoir. ! Quelle fut alors la réalité historique du fascisme ? A travers un court survol historique, ce travail tente d‘expliquer un phénomène aussi complexe que le fascisme en se bornant au fascisme italien (premier fascisme apparu en Europe) dans toute sa durée - de sa fondation en mars 1919 à la chute de la République Sociale Italienne en avril 1945 - en reconstituant, dans une première phase et de manière très générale, les faits majeurs de son histoire. Puis dans une deuxième phase, en se penchant sur la question de la relation entre le fascisme italien et le totalitarisme. Car s‘il ne fait aujourd‘hui de doute que son grand frère nazi est un exemple en matière de totalitarisme, une observation attentive de l‘histoire du fascisme italien montre que sous sa carapace de régime totalitaire, sa domination sur les masses et son autorité restent relatifs et font encore aujourd‘hui l‘objet de nombre de débats historiques.

Le plan de type «film - photo» s‘articule donc en deux parties; une première partie chronologique, divisée en trois périodes - de la fondation du fascisme à la conquête du pouvoir, l'évolution du fascisme de 1925 à 1938 et de la marche à la guerre à la chute de la République Sociale Italienne - et une deuxième partie thématique s‘attardant tout d'abord à analyser la présence dans le fascisme des éléments, relevés par C. J. Friedrich et Z. Brzezinski dans Totalitarian dictatorship and autocracy, qui caractérisent un régime totalitaire, puis dans un second temps à introduire le débat historique autour du caractère totalitaire du régime de Mussolini.

première partie: une brève histoire du fascisme

De la fondation du fascisme à la conquête du pouvoir

Tout comme son «homologue» allemand, le fascisme italien doit son succès principalement à deux facteurs déterminants: un leader d‘exception couplé à une conjoncture socialo-économique morose et favorable aux extrémismes.

le leader, c‘est Benito Mussolini. Né le 29 juillet 1883 à Dovia dans commune de Predappio, Benito Mussolini est fils d‘un forgeron cafetier et d‘une institutrice l'incluant de facto dans la classe de la petite bourgeoisie. Après des études qui le conduiront lui aussi, à 19 ans, à devenir instituteur, le jeune Mussolini décide de prendre le chemin de la Suisse suite au non-renouvellement de son contrat au poste de maître suppléant et afin de déroger à ses obligations militaires. là bas, il mène pendant deux ans (1902-1904) une vie difficile, effectuant divers emplois et parcourant les cantons au fil des expulsions en raison de son activisme politique en tant que socialiste déterminé, séjournant entre autres à la prison de St Antoine à Genève. Ce séjour en Suisse lui permet de rencontrer plusieurs leaders socialistes en exil dont ceux du Parti Socialiste Italien (Partito Socialista Italiano) tels Serrati et Balbanoff, réfugiés depuis l‘insurrection milanaise de 1898.

De retour en Italie en 1904, forgé par la dure vie qu‘il a mené de l‘autre côté des Alpes et les théories anarcho-socialistes révolutionnaires qu‘il a emmagasiné, Mussolini connaît, à partir de 1910, une ascension fulgurante dans le PSI jusqu‘à se voir confier les rennes de l‘Avanti !, le journal du parti. Mais cette ascension dans le parti prend brutalement fin en 1914 après que Mussolini se soit positionné en faveur d‘une intervention italienne dans la guerre contre la Coalition Germano - Austro - Hongroise, à laquelle le PSI s‘oppose. Il est d‘abord évincé de la direction de l‘Avanti ! ce qui le pousse à créer son propre journal Il popolo d‘Italia, qui connaît d‘emblée un franc succès, le conduisant à son expulsion du parti.

Mobilisé en 1915 dans un régiment de Bersaglieri et grièvement blessé en 1917, Mussolini retrouve sa place à la tête du Popolo d‘Italia et un pays en pleine décadence sociale et politique, c‘est là cette conjoncture particulière évoquée précédemment qui va pousser et permettre à Mussolini de fonder les Fasci di combattimento.

Car si l‘Italie est théoriquement dans le camp des vainqueurs de la Guerre, un ressentiment général de frustration et d‘humiliation domine largement au sein de la péninsule. En effet la Grande Guerre a coûté beaucoup à l‘Italie tant sur le plan humain, dont le symbole est la défaite de Caporetto, que sur le plan économique. La décision d‘engager le pays dans la guerre fut prise par ses dirigeants à l‘encontre de la volonté populaire. Elle coûta cher à une nation, déjà bien en retard économiquement et socialement par rapport à ses voisins européens, et mobilisa largement l‘économie dans l‘effort de guerre. Puis la Guerre finie, l‘Italie reçut bien moins qu‘elle n‘espérait sur le plan des territoires. Alors qu‘elle comptait se voir octroyer le Trentin, le Haut Adige, la Dalmatie, l‘Istrie et Fiume, elle ne reçu que les deux premiers, se voyant refuser les autres territoires au noms du droit à l‘autodétermination des peuples, alors que Fiume acquit le statut de ville libre. Les militaires revenus du front furent brutalisés par la foule, on arrachait leurs uniformes et leurs distinctions. L‘Italie avait combattu, elle avait vaincu mais n‘en reçut ni les honneurs, ni les biens promis. Ce fut le début du thème de la «victoire mutilée», qui va servir de Leitmotiv aux mouvements extrémistes pour se fonder de solides bases à travers leur accroissement, au détriment des partis bourgeois et du gouvernement brinquebalant, qui tente alors tant bien que mal, à la fois de défendre les intérêts de l'Italie sur la scène internationale et de se protéger de la «menace socialiste» grandissante en Italie.

Les mouvements extrémistes qui n'appartiennent ni au socialisme, ni au communisme sont, jusqu'en 1919, aussi hétéroclites que dispersés. Parmi les plus significatifs, on y trouve les Arditi - qui lors de la Grande Guerre constituaient des troupes de choc de l'Armée Italienne, dont le bas niveau de moralité et de discipline égalait leur réputation - et les futuristes. Benito Mussolini, qui n'est maintenant plus que le directeur du Popolo d'Italia «brûle de jouer à nouveau un rôle à sa mesure»1. Il décide alors de rassembler ces mouvements hétéroclites, qui, malgré leurs tendances divergentes allant du nationalisme à l'anarchosyndicalisme, se retrouvent autour d'une profonde aversion pour la bourgeoisie libérale et l'Etat démocratique et se caractérisent par des tendances révolutionnaires et belliqueuses. C'est à l'occasion de deux réunions organisées par Benito Mussolini à Milan, d'abord le 21 puis le 23 mars 1919 que sont créés les Fasci di combattimento - les faisceaux de combat. Mussolini va alors devoir faire preuve d'un grand sens du consensus, de la manipulation et de pragmatisme afin de gérer ce mouvement où sont réunis des extrémistes nationalistes comme les Arditi et des syndicalistes d'extrême gauche. Pour reprendre les termes de Pierre Milza, «Jusqu'à l'automne 1920, le fascisme ne rencontre qu'une audience des plus modeste et ne répond pas aux espoirs de son principal inspirateur.»2 Car en effet, si les fascistes ne tardent pas à faire montre de leur violence en incendiant le siège de l'Avanti le 15 avril 1919, un événement marquant va à la fois servir de tremplin à Mussolini - même et décrédibiliser le mouvement.

Le 12 septembre de la même année, le poète Gabriele d'Annunzio, membre des Fasci di combattimento décide, à l'aide de quelques centaines de volontaires, d'occuper la ville libre de Fiume en Croatie, alors régie par une entente entre troupes italiennes, françaises, britanniques et américaines. La ville, alors largement peuplée d'Italiens acclame d'Annunzio en héros. Mais l'entreprise sera de courte durée et «s'achève en tragi-comédie»3 à la fin décembre 1920, après que Giovanni Giolitti ait succédé à Francesco Saverio Nitti le 11 juin 1920. Car si ce dernier avait encouragé le soulèvement afin de faire pression sur les allié, Giolliti ne vit pas les choses de la même manière et envoya l'Armée italienne reprendre la ville. D'annunzio, «qui avait juré de verser son sang pour Fiume»,4 se voit contraint de capituler.

S'il a suscité l'enthousiasme des Italiens, d'Annunzio les a également déçuspar son échec, mais la popularité qu'il perdit renforça celle de Mussolini. Cependant, de par l'appartenance du poète aux Faisceaux de combat, l'amalgame entre son échec et le fascisme était inévitable. C'est sur un autre terreau que le fascisme va croître, non pas dans l'entreprise d'expéditions fumeuses, mais dans celui de la lutte contre le socialisme pour le compte des grands possédants.

En effet, au cours de l'été 1920, l'Italie est secouée par une grande vague de grèves et de révoltes prolétariennes, dirigées par les milieux socialo-communistes, qui alarment alors les grands propriétaires terriens ainsi que le patronat et connaissent leur point culminant lors du mois d'août. Des fabriques sont alors occupées par les ouvriers et des «gardes rouges» formés. Les paysans s'organisent en coopératives et syndicats, s'approprient des terres laissées à l'abandon par les grands propriétaires et imposent à ces derniers le rythme et les conditions de travail de leurs employés. Giolitti parvient à rétablir la situation, mais les soulèvements du prolétariat ont dévoilé leur dangereuse force potentielle et les fascistes se présente comme un moyen de lutte aux yeux de ceux qui craignent la «marée rouge». A la suite de ces événement sont donc formés des squadre (escadres) fascistes, composées de squadristi, employées par les riches possédants dans le but de s'attaquer aux révolutionnaires prolétaires. Les fascistes ont alors non-seulement trouvé un soutient dans la classe qu'ils défiaient à leur origine, mais entament de surcroît, sous l'impulsion de Mussolini, un radical virage à droite.

le «bon travail» mené par les squadre, illustré par leurs attaques - en toute impunité - contre leaders locaux des mouvements révolutionnaires et syndicalistes, menées à coups de manganello (gourdin), d'huile de ricin et d'armes à feu, va permettre aux Fasci di combattimento de s'adonner à la politique, en prenant part aux élections de mai 1921 constituant ainsi, avec 35 sièges sur 535, l'un des "Blocchi Nazionali" (blocs nationaux), la formation des partis de droite à la Chambre des Députés italienne.

[...]


1 Pierre Milza: Les fascismes, Editions du Seuil, 2001, p. 98

2 Ibid

3 Pierre Milza, Le fascisme italien, Editions du Seuil, 1980, p. 53

4 Ibid

Details

Seiten
10
Jahr
2010
ISBN (eBook)
9783640923793
ISBN (Buch)
9783640923687
Dateigröße
480 KB
Sprache
Französisch
Katalognummer
v172489
Institution / Hochschule
Université de Genève – Département d'histoire générale
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