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Restauration écologique et gradient latitudinal

Utilisation, diversité et régénération de cinq espèces de combretaceae au Burkina Faso

Doktorarbeit / Dissertation 2009 146 Seiten

Biologie - Ökologie

Leseprobe

Content

DEDICACE

REMERCIEMENTS

RESUME

ABSTRACT

LISTE DE SIGLES ET ABREVIATIONS

LISTE DES TABLEAUX

LISTE DES FIGURES

INTRODUCTION

CONTEXTE

PROBLÉMATIQUE

OBJECTIFS

PREMIERE PARTIE: REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

CHAPITRE I. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE SUR LES CONCEPTS FONDAMENTAUX
I. Concept de perturbations écologiques
II. Concept de la restauration écologique
II.1. Définition et objectif
II.2. Aspects sociologiques de la restaurationécologique
II.3. Evaluation de l ’écosystème (structure et fonction)
II.4. Identification du problème et prise en compte de considérations techniques
II.5 Suivi etévaluation du succès de la restauration
II.6. Sélection des mesures de restauration des sites
III. Ethnobotanique
IV. Concept de la biodiversité
V. Structure des peuplements végétaux
VI. Relation entre gradient latitudinal, structure et biodiversité
VII. Régénération
VII.1. Régénération naturelle
VII.2 Régénération artificielle
VII.3 Plantation

CHAPITRE II. PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE ET DES ESPECES ETUDIEES
I. Milieu biophysique
I.1. Situation géographique
I.2. Géologie et géomorphologie
I.3. Pédologie
I.4. Climat
I.5. Végétation
II. Milieu humain
II.1. Population
II.2. Activités socio-économiques
III. Aperçu sur les espèces étudiées

DEUXIEME PARTIE: TRAVAUX DE RECHERCHE MENES

CHAPITRE III. ETUDE ETHNOBOTANIQUE DE CINQ ESPECES DE COMBRETACEAE
I. Introduction
II. Matériel et méthodes
II. 1. Collecte des données
II. 2. Analyse des données
III. Résultats
III.1. Connaissances des usages des espèces
III.2. Catégories d ’ utilisation
III.3. Exploitation
IV. Discussion
V. Conclusion

CHAPITRE IV. DIVERSITE ET STRUCTURE DES PEUPLEMENTS DE CINQ ESPECES

DE COMBRETACEAE

I. Introduction

II. Matériel et méthodes

II.1. Collecte des données

II.2. Analyse des données

III. Résultats

III.1. Richesse et diversitéspécifique

III.2. Structures globale et spécifique

IV. Discussion

IV.1. Richesse spécifique

IV.2. Structure des populations

IV.3. Diversitéet similarité

IV.4. Structure des cinq espèces de Combretaceae

V. Conclusion

CHAPITRE V. MECANISMES DE REGENERATION DE CINQ ESPECES DE

COMBRETACEAE

I. Introduction

II. Matériel et méthodes

II.1. Collecte des données

II.2. Analyse des données

III. Résultats

III.1. Structure de la population des juvéniles

III.2. Mécanisme de régénération des espèces

IV. Discussion

V. Conclusion

CHAPITRE VI. REGENERATION ARTIFICIELLE DE CINQ ESPECES DE COMRETACEAE
I. Introduction
II. Matériel et méthodes
II.1. Collecte des données
II.1.1. Récolte des semences
II.1.2. Test de germination par provenance
II.1.3. Test de germination par latitude
II.1.4. Test de semis direct
II.1.5. Test de qualité des semences de P. suberosa
II.1.6. Test de plantation
II.1.7. Effet du feu sur la survie des semis directs et des plantations
II.2. Analyse des données
III. Résultats
III.1. Effet de la provenance de la semence sur sa germination
III.2. Effet du gradient latitudinal sur la germination des semences
III.3. Semis direct
III.4. Qualitédes semences de Pteleopsis suberosa
III.5. Performance des plants au champ
IV. Discussion
V. Conclusion

CHAPITRE VII. IMPACT DES ACTIVITÉS DE CONSTRUCTION DE ROUTES SUR LA RÉGÉNÉRATION NATURELLE DE PTELEOPSIS SUBEROSA
I. Introduction
II. Matériel et méthodes
II. 1. Sites de l ’é tude
II. 2. Collecte des données
II. 3. Analyse des données
III. Résultats
III. 1. Densitéde la population juvénile
III. 2. Mécanisme de régénération
IV. Discussion
V. Conclusion

TROISIEME PARTIE: SYNTHESE DES CONNAISSANCES ACQUISES ET PERSPECTIVES

CHAPITRE VIII. CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES Conclusion générale

Perspectives

RECOMMANDATIONS

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

ANNEXES

Annexe 1a : FICHE D’ENQUETE Nο 1

Annexe 1b : FICHE D’ENQUETE No 2

Annexe 2 : Fiche de relevé dendrométrique

Annexe 3a : Indice de valeur d’importance des espèces enregistrées à Belehede

Annexe 3b : Indice de valeur d’importance des espèces enregistrées à Ouahigouya

Annexe 3c : Indice de valeur d’importance des espèces enregistrées à Diouroum

Annexe 3d : Indice de valeur d’importance des espèces enregistrées à Pâ

Annexe 4a : Fiche de relevé des mécanismes de régénération

Annexe 4b : Planches d’illustration des mécanismes de régénération

Annexe 5. Publications tirées de la thèse

DEDICACE

Je dédie cette œuvre :

A mon père BOGNOUNOU Zimapin Michel A ma mère TRAORE Suzanne

Pour tous les sacrifices consentis !

A ma très chère épouse Sabine A notre fils Dabio Jonathan

Pour avoir accepté de supporter mes multiples absences !

REMERCIEMENTS

Ce mémoire est le résultat d’une collaboration fructueuse entre l’Agence Suédoise pour le Développement International et de la Coopération de Recherche (ASDI/SAREC), l’Université Suédoise des Sciences Agricoles (SLU), le Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) et les Universités de Bobo-Dioulasso et de Ouagadougou. Que ces institutions trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude.

J’ai bénéficié d’une aide considérable et précieuse de plusieurs personnes de la conceptualisation à la collecte et le traitement des données, la rédaction et la publication de ce mémoire. Sans prétendre être exhaustif, il me plait de les remercier sincèrement.

- Je suis très reconnaissant au Pr Adjima THIOMBIANO, Directeur de thèse, qui a conçu le thème et qui a assuré la direction scientifique dans la conduite des travaux de terrain et de rédaction.
- Je remercie le Pr Sita GUINKO pour ses appuis multiformes pour le bon déroulement de mes travaux.
- Je suis profondément reconnaissant au Pr Joseph Issaka BOUSSIM qui a facilité mon éligibilité au soutien financier pour les travaux de thèse, pour son soutient moral et son apport scientifique pour l’amélioration du document.
- Je suis reconnaissant au Pr Jeanne MILLOGO-RASSOLODIMBY pour les discussions fructueuses que nous avons eues durant ces travaux.
- Le Pr Per Christer ODEN et ses collaborateurs, Prof. Assoc. Mulualem TIGABU et Dr Patrice SAVADOGO de la Faculté des Sciences Forestières de l’Université Suédoise des Sciences Agricoles à Alnarp ont été d’une assistance importante dans le traitement de mes données et la rédaction de ce document. Qu’ils trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude.
- Je suis reconnaissant à Alou KOUNDABA, Ouseini KOUDABA, Nalo Albert NOUMA, Moussa ZERBO et Donfoui Ignace LAMIEN pour leur assistance lors des travaux de terrain.
- Je remercie le CEPAPE de l’Université de Ouagadougou qui m’a appuyé sur le plan logistique pour le bon déroulement de mes sorties de terrain.
- Je suis aussi reconnaissant aux directions régionales et provinciales du Ministère de l’Environnement et du Cadre de Vie de Djibo, Ouahigouya, Tougan, Dédougou et Boromo pour m’avoir facilité le déroulement des travaux sur le terrain.

J’exprime ma gratitude à tous les membres du laboratoire de Biologie et d’Ecologie Végétales pour la bonne collaboration que nous avons entretenue. Sans être exhaustif, que Dr Amadé OUEDRAOGO, Dr Salifou TRAORE, Dr Elisée MBAYNGONE, Mr Patrice ZERBO, Oumarou AL MOUSTAPHA, Mr Lodoum TIGANADABA, Mr Oumarou OUEDRAOGO, Mlle Blandine Marie Yvette NACOULMA, Mr Oumarou SAMBARE, Mlle Assan GNOUMOU, Mr Sylvestre DA, Mr Bilassé ZONGO, Mr François KAGAMBEGA, Mr Marcel KOADIMA, Mr Lassina TRAORE, Mr Salfo SAVADOGO, Mr Hassane SANGARE, Mr Cyrille SINARE et Mr Alain BAMBARA trouvent ici l’expression de ma gratitude.

Je suis reconnaissant à mes camarades qui ont bénéficié du soutien financier de l’ASDI/SAREC. Sans être exhaustif, que Dr. Niédouba LAMIEN, Dr. Korodjouma OUATTARA, Dr. Amadou SIDIBE, Dr. Didier ZIDA, Dr. Zakaria GNAKAMBARY, Dr. Saran TRAORE, Dr. Souleymane PARE, Dr. Salifou OUEDRAOGO-KONE, Dr. Georges ZOMBOUDRE Catherine DEMBELE-KY, Pascaline COULIBALY-LINGANI, Issa OUEDRAOGO, Dj]ibril DAYAMBA trouvent ici l’expression de ma gratitude.

Je suis reconnaissant au Pasteur Thomas TRAORE, sa famille et les membres de sa communauté ecclésiastique pour leur soutien multiforme et inconditionnel à ma famille. Merci à la Famille de Lazare FOFANA, Norbert KOHOUN, Tom DORSCH, Levi DEMBELE, Désiré BONZIN, Salam OUEDRAOGO ! Merci à Karafa Jacques FOFANA, Arsène KONATE, Rosalie KIENOU, Rosalie KAMBOU, Malalé KINDO !

Que tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont contribué à la réalisation de ce document dont le nom n’a pas été mentionné dans cette partie, trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude pour leurs actions.

J’adresse mes vifs remerciements à la grande famille BOGNOUNOU : Raphaël BOGNOUNOU, Victor BOGNOUNOU, Augustin BOGNOUNOU, René BOGNOUNOU, Olivier BOGNOUNOU, Blaise BOGNOUNOU, Henriette BOGNOUNOU, Évangeline BOGNOUNOU Hangnoubiri COULIBALY-BOGNOUNOU, Ouétian BOGNOUNOU et Daouda BOGNOUNOU, pour le soutien incommensurable.

RESUME

Les peuplements des plantes ligneuses, véritables clés de voûte des écosystèmes terrestres, par leur structure mais également par leur diversité conditionnent en grande partie la présence et la diversité d’autres organismes forestiers. L’aire de distribution des différentes espèces est influencée par le gradient latitudinal et les perturbations écologiques. La dégradation forestière constitue en effet l’un des problèmes majeurs auxquels se trouvent confrontés les paysans d’abord, mais aussi les pouvoirs publics. Cela a créé au fil du temps une situation suffisamment grave pour qu’un arsenal de mesures ait été progressivement pris pour y remédier. C’est ainsi que depuis une trentaine d’années environ, une activité importante des administrations, mais aussi des organisations internationales et non gouvernementales, a été consacrée à la reconstitution des forêts par le reboisement. Mais il faut reconnaitre pourtant que, d’un point de vue technique et social, la plupart de ces reboisements ont été des échecs.

L’objectif général de cette thèse est d’évaluer la potentialité sylvicole de Anogeissus leiocarpa, Combretum aculeatum, Combretum nigricans, Combretum micranthum et de Pteleopsis suberosa le long d’un gradient latitudinal. Les objectifs spécifiques sont : évaluer leur importance socioculturelle ; examiner la diversité et la dynamique de leurs peuplements ; déterminer leurs mécanismes de régénération naturelle ; évaluer leur capacité de régénération artificielle ; examiner l’impact des perturbations du sol dues à la construction des routes sur la régénération de P. suberosa.

Les travaux de recherches se sont déroulés sur quatre différents terroirs (Belehede, Ouahigouya, Diouroum et Pâ) suivant un gradient latitudinal à l’Ouest du Burkina Faso. Les enquêtes ethnobotaniques ont permis l’évaluation des valeurs socio-économiques. Les inventaires systématiques et stratifiés des peuplements sur des placeaux unitaires de 50 m × 20 m ont servi à la description des peuplements. Les inventaires de la population juvénile et l’excavation des systèmes racinaires sur des placeaux unitaires de 5 m × 2 m ont été exploités pour décrire la structure des populations juvéniles et caractériser les mécanismes de régénération naturelle. Les essais de régénération artificielle (test de germination et de plantation) ont été réalisés en vue de dégager des techniques appropriées de restauration des zones dégradées. Les inventaires hiérarchisés de la population juvénile de P. suberosa sur des placeaux unitaires de 5 m × 2 m aux abord des routes ont permis de déterminer comment les perturbations écologiques dues aux travaux de construction des routes affectent la capacité de régénération.

Les résultats indiquent que toutes les espèces ont des valeurs socio-économiques très importantes. Par conséquent, les stratégies de gestion appropriées devraient être élaborées conjointement par les collectivités locales et des groupes de soutien externes afin de garantir la durabilité de leurs usages. Les caractéristiques structurelles des peuplements révèlent une différence significative (P < 0,001) et une faible similitude dans la composition des espèces le long du gradient latitudinal. Les rejets de collet sont importants chez A. leiocarpa, C. aculeatum et C. nigricans, les rejets de souches chez C. micranthum et le drageonnage chez P. suberosa. La proportion des semis de A. leiocarpa et de C. nigricans augmente avec la diminution de la latitude, tandis que la proportion des juvéniles issus de la multiplication végétative est plus importante dans le domaine sahélien pour toutes les espèces, exceptées C. micranthum et P. suberosa. La provenance des semences affecte seulement la capacité de germination de C. aculeatum (P = 0,008). La capacité de l’établissement des plants varie entre les espèces, le long du gradient latitudinal et entre les plants protégés et les non protégés (P < 0,001). Anogeissus leiocarpa, C. micranthum, C. aculeatum et C. nigricans sont potentiellement utilisables dans les programmes de restauration écologique. Pteleopsis suberosa est une espèce tolérante des perturbations et peut proliférer dans l’environnement des routes. La restauration des terres dégradées doit impliquer désormais les populations locales à travers leurs besoins en produits forestiers. La seule régénération naturelle n’est pas suffisante et des études approfondies sur la régénération doivent être menées afin d’identifier des espèces appropriées pour les futurs programmes de restauration.

Mots clés : Diversité, ligneux, végétation fragmentée, perturbations, connaissances locales, régénération.

Doctoral thesis title:

Ecological restoration and latitudinal gradient: Ethnobotany, Diversity and Regeneration of five Combretaceae species in Burkina Faso

ABSTRACT

The communities of woody plants are the true cornerstone of terrestrial ecosystems. Their structure and diversity determine mainly the presence and diversity of other organisms of woodlands. The zonation of different species is affected by latitudinal gradient and ecological disturbances. Forest degradation is indeed one of the major problems that are facing farmers at first, but also governments. This creates over time a situation serious enough for a range of measures that has gradually been taken to address them. Thus the last thirty years, an important activity of government, but also international organizations and NGOs, has been devoted to the restoration of forests through reforestation. But however, from a technical standpoint and also social most of these plantations fail.

The global objective of this thesis is to evaluate the forestry’s potentiality of Anogeissus leiocarpa, Combretum aculeatum, Combretum nigricans, Combretum micranthum and Pteleopsis suberosa along a latitudinal gradient. The specific objectives are: to assess their socio-economic importance; examine the diversity and dynamic of their population, determine their mechanisms of natural regeneration; assess their ability to artificial regeneration; examine the impact of soil disturbance due to road construction on the regeneration of P. suberosa.

Research activities were carried out at four sites (Belehede, Ouahigouya Diouroum and PA) along a latitudinal gradient in Western Burkina. Ethnobotanical surveys have enabled the assessment of socio-cultural values. A systematic and stratified inventory on unitary plots of 50 m × 20 m enables to quantify and describe the diversity of woodland. The seedling population survey and the excavation of the below ground system on unitary plots of 5 m × 2 m enable to understand the regeneration mechanisms and their variability factors. Artificial regeneration tests (germination and transplantation tests) were undertaken to identify appropriate techniques to restore degraded areas. A nested survey of P. suberosa seedling populations was conducted along roads to determine how ecological disturbance due to road construction affect the regeneration capacity.

It was found that all the species were found very useful. Therefore, appropriate management strategies should be developed jointly by the local communities and external support groups, to integrate the valuable local knowledge of the species in order to secure sustainability of their uses. The structural characteristics were significantly different (P < 0.001) between sites and species. A low similarity in tree species composition between sites was found, which indicates high beta diversity. Seedling sprouts were important for A. leiocarpa, C. aculeatum and C. nigricans; coppicing was the main regeneration mechanism for C. micranthum and for P. suberosa only suckers was found. The proportion of seed origin seedlings for A. leiocarpa and C. nigricans increased with decreasing latitude, while the proportion of vegetatively propagated seedlings increased towards Sahelian domain for all species except C. micranthum and P. suberosa. Seed provenances affected only the germination capacity of C. aculeatum (P = 0.008). The seedling establishment capacity varied between species, along latitudinal gradient and between controls and uncontrolled plots (P < 0.001). Anogeissus leiocarpa, C. aculeatum, C. micranthum and C. nigricans were potentially usable in vegetation recovery program. Pteleopsis suberosa was a disturbance tolerant species and can proliferate in roadside environment.

Future restoration of degraded areas could involve local people and their needs in forest products. The natural regeneration is not enough and further investigation on regeneration could be undertaken in order to identify candidate species for the future restoration programs.

Keywords: Biodiversity, Woody Plant, Fragmented landscape, Regeneration, Local knowledge, Disturbance.

LISTE DE SIGLES ET ABREVIATIONS

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau I. Attributs écosystémiques pour mesurer le niveau de succès d’une restauration, d’une réclamation ou d’une réhabilitation

Tableau II. Résumé des connaissances sur l’utilisation des différents organes (Ra. : racine, Ti. : tige, Ec. : écorce, Jr. : Jeune rameau, Fe. : feuille, Fl. : fleur, Fr. : fruit, Go : gomme, Ba. : Branche)

Tableau III. Diversité spécifique des sites d’étude. (Les valeurs de F, G et S représentent le nombre total de famille, de genre et d’espèce rencontrés par site ; tandis que les valeurs de H, 1/D et E sont données sous forme de moyenne ± Erreur standard.)

Tableau IV. Résumé des indices de valeurs d’importance des sites d’étude

Tableau V. Résumé des indices d’importance de la famille des sites d’étude

Tableau VI. Indice de Similarité entre les végétations des sites d’étude

Tableau VII. Résumé de la densité et de la surface terrière des sites d’étude

Tableau VIII. Densité des juvéniles (moyenne ± erreur standard) ; les lettres dénotent les différences significatives

Tableau IX. Résumé de l’analyse des variances sur la structure de la population juvénile

Tableau X. Contribution (%) de différents mécanismes de régénération à la régénération naturelle

Tableau XI. Caractéristiques physico-chimiques des sites de plantation (Source, BUNASOLS)

Tableau XII. Résumé de l’analyse des variances du pourcentage et du temps moyen de germination.

Tableau XIII. Taux de survie (TS) et croissance relative annuelle (TCR)

Tableau XIV. Résumé de l’analyse des variances du taux de survie et de croissance relative des plants de C. aculeatum et A. leiocarpa

Tableau XV. Nombre de placettes par type de route et par niveau de perturbation environnementale

Tableau XVI. Influence de la construction des routes sur la population juvénile de P. suberosa (moyenne ± erreur standard)

Tableau XVII. Influence des activités de construction des routes sur la densité (moyenne ± erreur standard)

Tableau XVIII. Influence des activités de construction de route sur le nombre de tiges par souche

LISTE DES FIGURES

Figure 1. Schéma conceptuel illustrant les facteurs à prendre en compte dans un projet de restauration écologique

Figure 2. Modèles statistiques latitudinaux de la biodiversité [adapté de BARBAUT (1992)]

Figure 3. Cartes géomorphologique du Burkina Faso indiquant les sites d’études

Figure 4. Carte pédologique du Burkina Faso indiquant les sites d’études

Figure 5 Carte climatologique du Burkina Faso indiquant les sites d’études

Figure 6. Pluviosité et température moyennes établies sur la période de 2004 à 2006 dans les stations météorologiques proches des sites d’études (Source = Direction de la météorologie)

Figure 7. Carte phytogéographique du Burkina Faso indiquant les sites d’études

Figure 8. Carte de distribution des groupes ethniques au Burkina Faso indiquant les sites d’études

Figure 9. Variation de la connaissance ethnobotanique. L’âge minimum est de 30 ans et l’intervalle d’âge entre les classes d’âges est de 10 ans

Figure 10. Analyse en Composantes Principales des catégories d’utilisations

Figure 11. Taux d’exploitation sur les sites d’étude

Figure 12. Structure des classes de circonférence de la population ligneuse (avec 5 cm d’intervalle entre les classes)

Figure 13. Densité des cinq espèces de Combretaceae des sites d’étude

Figure 14. Structure des classes de circonférence (avec 5 cm d’intervalle entre les classes)

Figure 15. Structure des classes de hauteur (avec 0,5 m d’intervalle entre les classes)

Figure 16. Structure verticale de la population juvénile (Bel = Belehede, Oua = Ouahigouya, Diou = Diouroum)

Figure 17. Mécanismes de régénération (Dr = Drageonnage, Ma = Marcottage, Pa = Pousse adventive, Rc = Rejet de collet, Rs = Rejet de souche)

Figure 18. Contribution des principaux mécanismes de régénération (moyenne ± erreur standard)

Figure 19. Effet de la provenance de la semence sur le pourcentage (A) et le temps moyen (B) de germination

Figure 20. Effet du gradient latitudinal sur le pourcentage (A) et le temps moyen (B) de germination

Figure 21. Effet du gradient latitudinal sur la survie (A) et la croissance (B) des plants de A. leiocarpa et de C. aculeatum

Figure 22. Effet du traitement (supplémentation d’eau, sarclage et protection contre les grands herbivores) sur la survie et croissance des plants A. leiocarpa et C. aculeatum

Figure 23. Réseau routier de la zone d’étude

Figure 24. Diagramme du dispositif expérimental

Figure 25. Structure verticale de la population des juvéniles de P. suberosa

INTRODUCTION

CONTEXTE

Le Burkina Faso, pays sahélien du groupe des pays les moins avancés, est aujourd’hui confronté à cette problématique de développement dans un contexte de dégradation accélérée de ses ressources naturelles (sols, ressources en eau, biomasse et biodiversité). Cela est principalement dû au fait de la croissance démographique, aux effets persistants de cycle successif de sécheresse depuis 1973, à un faible niveau de conscience, de maîtrise et d’appropriation de la gestion des ressources naturelles et d’un manque de valorisation de la biodiversité et des effets des utilisations souvent abusives (ANONYME, 2002 ; 2006). Cette dégradation a pour conséquences environnementales i) la diminution de la biomasse et du couvert forestier avec son corollaire de perte de diversité biologique, ii) la perte de sols fertiles et une augmentation des zones désertifiées, iii) la pollution, la mauvaise utilisation et la perte des ressources hydriques. Ces effets sur l’environnement ont en retour des conséquences sur le milieu social i) l’exode rural avec l’augmentation de la pauvreté en milieu urbain, ii) l’augmentation des surfaces dégradées, une accentuation des déficits alimentaires localisés. L’état de l’environnement au Burkina Faso reste donc préoccupant en dépit des multiples actions menées. Les changements climatiques récents et à venir nécessitent de nombreuses mesures d’adaptation, en particulier au Nord du pays (RIEDACKER, 1987).

De nos jours, dans le cadre de la politique de lutte contre la dégradation des ressources naturelles en général et la progression de la désertification dans les pays sahéliens en particulier, les programmes de reboisement ou de restauration des terres dégradées occupent une place de choix. Des plans grandioses sont proposés pour influer sur le climat, notamment des plantations artificielles à grande échelle sont faites dans les zones dégradées (EVANS & TURNBALL, 2004). Dans la plupart des pays de la zone intertropicale, l’effort de la recherche actuelle se porte essentiellement sur la sylviculture des peuplements artificiels constitués d’essences exotiques à croissance rapide dans la plupart des cas. Tout en acceptant la nécessité d’un tel effort vu la situation actuelle dans beaucoup de pays à savoir la destruction accélérée de la forêt naturelle, la pénurie grandissante de tout bois (PELTIER et al., 1995), la faible productivité des formations naturelles, le manque de connaissance sur les écosystèmes forestiers tropicaux naturels et sur leur aménagement (BELLEFONTAINE et al., 2000), on ne peut nier que cette orientation présente certains dangers.

En effet, malgré les bonnes intentions, le manque de buts précis et de raisons convaincantes empêche dans plusieurs cas d’avoir des résultats conséquents. C’est seulement en définissant de manière précise les buts qu’on veut atteindre qu’on peut éviter les planifications légères et incohérentes qui mènent surement à des échecs. Reboisement ou restauration n’est pas un but en soi, mais un moyen pour parvenir à des fins déterminées. Le rôle écologique fondamental des forêts est tout aussi important que leurs rôles économiques et sociaux. Le but principal de la sylviculture est de satisfaire les besoins socio-économiques des populations rurale et urbaine. Il représente certainement une des meilleures voies à suivre pour assurer le développement dans le sens d’une production forestière à buts multiples et selon le principe de rendement soutenu. La tâche des forestiers est d’élaborer conjointement avec des spécialistes et d’autres professionnels des mesures socio-économiques pour rétablir l’équilibre écologique dans leur zone d’intervention. Car, selon LEIBUNDGUT (1976), à travers le monde entier, la tâche prioritaire de la sylviculture sera de stabiliser la situation dans les régions agricoles, situation qui est menacée par l’appauvrissement et les effets dégradants sur l’environnement. Le choix de l’espèce occupe une place très importante dans la fourniture des biens et services forestiers pour satisfaire les besoins des populations. C’est pour cela que nous pensons que la question des potentialités de l’espèce pour l’Homme doit être la base de toute discussion sur les programmes de reboisement ou de régénération naturelle. C’est seulement en définissant de manière précise les rôles que peuvent jouer l’espèce dans les sociétés humaines et sur l’environnement que l’on peut éviter de faire des propositions consistantes sur le choix des espèces au regard de leur importance socio- économique.

Dans le contexte actuel de la raréfaction et de la demande croissante de produits végétaux, il est impératif que les programmes de restauration et de plantations ne se limitent pas seulement aux espèces exotiques mais qu’elles incluent aussi les espèces locales. Les formations végétales du Burkina Faso sont marquées par l’abondance des Combretaceae (GUINKO, 1984 ; FONTES & GUINKO, 1995). Cette famille, outre son rôle écologique, joue un rôle socio-économique très important pour les populations (THIOMBIANO, 1996 ; 2005). Certaines espèces se développent quelquefois sur des substrats arides suite aux perturbations de sol dues à la construction des routes. Elles pourraient alors constituer un matériel végétal de base pour la récupération de ces zones dégradées et pour la restauration de la couverture végétale et de la fertilité du sol. Malheureusement, ces espèces sont rarement utilisées dans les programmes de reboisement. Ce qui explique la nécessité d’étudier les potentialités sylvicoles de ces espèces. Les espèces retenues pour cette étude sont :

Anogeissus leiocarpa Guill. & Perr , Combretum aculeatum Vent., Combretum nigricans Leprieur. Ex Guill. & Perr, Combretum micranthum G. Don et de Pteleopsis suberosa Engl & Diel. Le choix de ces espèces a été guidé par leur importance socio-économique (KERHARO & ADAM, 1974 ; BOGNOUNOU et al., 1975; NACOULMA/OUEDRAOGO, 1996; ARBONNIER, 2002; THIOMBIANO, 2005) et leur amplitude écologique (THIOMBIANO et al., 2006).

PROBLÉMATIQUE

Le déclin rapide de la biodiversité est principalement causé par la perte des habitats (SALA et al., 2000). La conservation des habitats représente donc la meilleure stratégie pour protéger les écosystèmes et les espèces qui y vivent. Cependant, leur restauration constitue une alternative lorsqu’ils sont déjà dégradés ou lorsque leur maintien dans le paysage est critique. La restauration écologique est une pratique bien établie en biologie de la conservation dont le but est d’aider le rétablissement d’un écosystème qui a été perturbé. Elle vise à aider les processus naturels de rétablissement de la forêt en faisant en sorte que la composition spécifique, la structure du peuplement, la biodiversité, les fonctions et la dynamique de la forêt restaurée correspondent, dans toute la mesure du possible, à celles de la forêt originale. A court terme, elle vise à recréer les caractéristiques optimales du milieu et à rétablir un couvert végétal pour permettre le retour d’un écosystème remplissant pleinement ses fonctions de protection et de provision de bien et services. A plus long terme, la conservation de la biodiversité devient un objectif critique pour la restauration (Society for Ecological Restoration International and IUCN Commission on Ecosystem Management 2004). Il faut donc connaître les facteurs qui favorisent la biodiversité et le maintien des espèces dans les différents milieux si on veut développer une bonne stratégie de restauration.

En réponse à l’extinction massive d’espèces végétales des dernières décennies, plusieurs chercheurs ont investigué sur le rôle de la biodiversité dans l’environnement. La biodiversité est reconnue comme étant essentielle à l’intégrité des écosystèmes. En effet, les fonctions écologiques sont influencées par les relations interspécifiques et le nombre d’espèces faisant partie de l’écosystème (CHAPIN et al., 2000 ; HOOPER et al., 2005). La disparition d’espèces pourrait donc perturber des propriétés écosystémiques telles que le cycle des nutriments, la productivité et la stabilité (TILMAN et al., 1996 ; HOOPER & VITOUSEK, 1997 ; NAEEM & LI, 1997 ; TILMAN et al., 2006).

Au Burkina Faso, le gradient latitudinal se caractérise par des différences en conditions climatiques, édaphiques et géologiques. Cette situation conditionne le paysage du nord au sud du fait que les populations d’arbres sont souvent sensibles aux variations latitudinales et aux perturbations écologiques locales et présentent des mécanismes d’adaptation aux facteurs environnementaux. Parmi ces mécanismes, ceux concernant la régénération et la coexistence des espèces au sein des communautés sont particulièrement importants. Ils sont susceptibles d’intervenir dans le maintien de la végétation (stabilité) et dans les performances de l’écosystème (productivité, recyclage des nutriments).

OBJECTIFS

L’objectif global de notre thèse est d’évaluer les potentialités sylvicoles (valeurs utilitaires, diversité, dynamique et régénérations) de cinq espèces de Combretaceae pouvant être utilisées dans la restauration suivant les variations latitudinales.

Plus spécifiquement, les objectifs de recherche sont :

- d’évaluer leurs valeurs socioculturelles;
- d’examiner la diversité et la structure de la flore ligneuse de leurs peuplements ;
- de déterminer leurs mécanismes de régénération et leurs stratégies d’adaptation le long d’un gradient latitudinal ;
- d’évaluer la variation le long d’un gradient latitudinal de leurs capacités de régénération artificielle ;
- d’examiner l’impact des perturbations du sol dues à la construction des routes sur la régénération de Pteleopsis suberosa.

Pour rendre compte du travail accompli, le document est structuré en trois grandes parties dont chacune est subdivisée en chapitres.

- La première partie fait d’abord une revue bibliographique sur les concepts fondamentaux sur lesquels se basent les différentes études ; elle fait ensuite la présentation des caractéristiques géographiques, climatiques et biophysiques du cadre de l’étude ; elle se termine par un aperçu sur les cinq espèces de Combretaceae qui ont fait l’objet de notre étude.
- La deuxième partie fait un compte rendu des différents travaux de recherche menés et est structurée en cinq chapitres. Une introduction en début de chaque chapitre fait un rappel succinct des connaissances actualisées dans le domaine considéré puis précise l’objectif poursuivi, elle est suivie d’une présentation de la démarche méthodologique pour la collecte et l’analyse des données, ensuite les résultats suivis de leurs interprétations et d’une conclusion.
- Le premier chapitre porte sur l’étude ethnobotanique des cinq espèces de Combretaceae ;
- Le deuxième chapitre est relatif à la diversité et la structure des peuplements des populations des cinq espèces de Combretaceae ;
- Le troisième chapitre traite de l’étude des mécanismes de régénération des cinq espèces de Combretaceae ;
- Le quatrième chapitre aborde la régénération artificielle des cinq espèces de Combretaceae ;
- Le cinquième chapitre porte sur l’impact des perturbations du sol dues aux travaux de construction des routes sur la régénération de P. suberosa. La troisième partie est consacrée à une synthèse des connaissances acquises et propose des perspectives de recherche et de développement.

CHAPITRE I. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE SUR LES CONCEPTS FONDAMENTAUX

Amadou Hampaté Bâ disait « l’imprécision des mots et des concepts entraîne vite l’incompréhension ». C’est pour éviter l’incompréhension que nous allons passer en revue quelques concepts que nous avons jugés fondamentaux.

I. Concept de perturbations écologiques

Une perturbation écologique est définie comme une rupture brutale et imprévisible dans un écosystème induit par un facteur externe ne faisant pas partie du fonctionnement «normal» du système et remettant en cause son organisation, c’est à dire qui lui fait dépasser ses capacités de résilience et de régulation (WHITE & PICKETT, 1985). Le facteur de perturbation peut être d’origine naturelle (sécheresse extrême) ou anthropique (feu, coupe) (TURNER et al., 2003). Il a pour conséquence la modification de la structure des populations, des communautés et de l’écosystème (RYKIEL, 1985 ; TURNER et al., 2003). Les perturbations réduisent fortement l’abondance des espèces tout en limitant parfois la dominance de certaines (STEVENS & CARSON, 2001), peuvent entraîner la perte de plusieurs espèces d’un même taxon et par conséquent la perte de fonctions écosystémiques à certains niveaux. Les substitutions de fonctions altèrent la stabilité et les propriétés des écosystèmes telles que la productivité, les taux de décomposition, les cycles des nutriments et la résilience (WARDLE et al., 1999 ; TILMAN et al., 2006). Lorsqu’un groupe fonctionnel est éliminé dans sa totalité, les conséquences peuvent être soit néfastes, bienfaitrices ou neutres pour les autres groupes à cause de leurs multiples interconnections. Selon leur sévérité et leur intensité, les perturbations peuvent modifier en partie ou en totalité une communauté, ce qui peu aboutir à des pertes d’espèces ou de groupes d’espèces. Dans ce sens, plusieurs travaux ont montré que sous des conditions stables, un faible nombre d’espèces permet un bon fonctionnement de l’écosystème. Toutefois, les écosystèmes naturels sont constamment soumis aux perturbations, ce qui sous-entend qu’une large diversité d’espèces est nécessaire pour maintenir et pérenniser les fonctions de l’écosystème (NAEEM et al., 1999). Pour simplifier la complexité d’un écosystème naturel, la diversité peut être divisée en groupes fonctionnels, c’est à dire des jeux d’espèces qui montrent des effets similaires sur les processus de l’écosystème (HOOPER et al., 2002). Dès lors, la perte d’un de ces groupes fonctionnels peut entraîner des diminutions, voire des effondrements dans les principaux processus écosystémiques (productivité primaire, cycles des nutriments et flux d’énergie).

II. Concept de la restauration écologique

II.1. Définition et objectif

Beaucoup de définitions existent sur la restauration écologique (JACKSON et al., 1995 ; HOBBS & NORTON, 1996) mais toutes incorporent l’idée d’inverser la dégradation des écosystèmes liées à l’action de l’Homme. Pour PERROW et DAVY (2002b, a) et van ANDEL et ARONSON (2006), la restauration écologique est un domaine de recherche qui met à la disposition des acteurs une connaissance scientifique pour la pratique de la restauration écologique des habitats, écosystèmes, paysages peuplements et espèces. Récemment ce domaine a connu une forte expansion. Dans ce document, nous adopterons la définition présentée par la Société Internationale pour la Restauration Ecologique et adoptée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature qui est la suivante : «La restauration écologique s’adresse à l’ensemble des processus naturels et assistés par les interventions initiant ou favorisant le rétablissement des écosystèmes dégradés, endommagés ou détruits» (SER, 2002). Cette définition est assez générale mais montre clairement que la restauration n’est pas quelque chose de théorique sans obligation pratique, mais nécessite un engagement et une intervention dans les sciences environnementales et sociales courantes. En effet, la restauration écologique pose des problèmes complexes. Elle relève aussi bien de questions écologiques que sociales et politiques (DECAMPS et LESAFFRE, 2002). La dégradation, plus ou moins aggravée, de la qualité des "services" des écosystèmes et du "capital naturel" qui assure le flux des biens et des services des écosystèmes, nécessite alors que soient également pris en compte les différents aspects liés non seulement à l’écologie, mais aussi à l’économie (COSTANZA & DALY, 1992 ; FOLKE, 1995) et aux divers domaines socioculturels (DALY & FARLEY, 2004). Dans ce contexte, il est fondamental de distinguer et contraster la situation entre les pays du Nord géopolitique, caractérisés par l’abandon accéléré des espaces ruraux isolés et une demande sociale croissante pour l’évaluation des pratiques de gestion environnementale et les pays en voie de développement, où les systèmes écologiques sont marqués par une emprise anthropique croissante, une fragmentation des habitats et une marginalisation de la fonction environnementale (ARONSON et al., 1993). Les enjeux, à la fois écologiques, économiques et socioculturels de la restauration écologique, sont donc tous abordés par une approche interdisciplinaire qui peut être schématisé comme sur la Figure 2.

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Figure 1. Schéma conceptuel illustrant les facteurs à prendre en compte dans un projet de restauration écologique

II .2. Aspects sociologiques de la restaurationécologique

Un des objectifs de développement de nos jours est le rapprochement de la restauration écologique à des études économiques et socioculturelles, à l’instar des travaux sur le thème du développement durable (DOBSON et al., 1997 ; DASGUPTA et al., 2000 ; DALY & FARLEY, 2004). Ce rapprochement est une des conditions sine qua non pour assurer l’application des concepts fédérateurs de la santé et de la résilience des écosystèmes. Il paraît de plus en plus clair que la restauration écologique représente une interface importante entre l’écologie de la conservation et du développement durable (CLEWELL & ARONSON, 2006). Il s’agit d’entreprendre des interventions à long terme, afin d’affiner d’une part, une méthodologie adéquate de suivi et d’évaluation des réponses des écosystèmes aux tentatives de restauration et d’autre part, une meilleur capacité de prédiction. Elle nécessite la mise en commun de connaissances entre écologues, économistes, ethnoécologues, anthropologues et sociologues, dans la perspective de parvenir à une interdisciplinarité active autour de la question de la restauration écologique. De cette manière, la science de la restauration pourra fournir des outils pertinents aux gestionnaires des problèmes environnementaux et socio-économiques contrastés.

II.3. Evaluation de l ’é cosystème (structure et fonction)

Une évaluation préliminaire de la structure et de la fonction de l’écosystème à restaurer est essentielle pour adapter toutes les tentatives de restauration au contexte particulier de chaque site. HOBBS et NORTON (1996) ont donné un aperçu sur les critères à considérer dans un projet de restauration.

- La composition : les espèces présentes et leur abondance relative ;
- La structure : l’arrangement vertical et horizontal de la végétation ;
- L’hétérogénéité qui est une variable complexe intégrant structure et composition ;
- La fonction ; performance de base des processus écosystémiques (énergie, eau, transfert de nutriment) ;
- La dynamique et la résilience : processus de recrutement, le taux et l’amplitude de reconstitution après une perturbation écologique.

II.4. Identification du problème et prise en compte de considérations techniques

L’identification du problème consiste à évaluer la santé de l’écosystème qui se définit selon RAPPORT et al. (1998) comme la combinaison des facteurs suivants :

- vigueur : l’activité, le métabolisme ou productivité primaire ;
- organisation : la diversité et le nombre d’interactions entre les composantes du système ;
- la résilience : la capacité à maintenir la structure et la fonction dans un contexte de perturbation.

II.5 Suivi etévaluation du succès de la restauration

Dans les principes de la restauration écologique (SER, 2002) une série de critères sur la structure et le fonctionnement des écosystèmes a été proposée pour évaluer l’efficacité de la réussite de tout projet de restauration. Le tableau I indique les critères à prendre en compte selon la mesure de restauration préconisée.

Tableau I. Attributs écosystémiques pour mesurer le niveau de succès d’une restauration, d’une réclamation ou d’une réhabilitation

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II.6. Sélection des mesures de restauration des sites

Hormis des critères écologiques généraux comme la diversité biologique et le degré de fragmentation ou de dégradation, LAMB et GILMOUR (2003) recommandent de sélectionner des régions selon des critères topographiques également. De plus, l’UICN et le WWF suggèrent de tenir compte des critères suivants pour choisir des sites ayant un fort potentiel de restauration :

- Critères sociaux : compatibilité institutionnelle avec des arrangements existants, stabilité sociale, soutien et participation locaux.
- Critères économiques : coûts de transaction, impact sur le revenu national et protection d’infrastructures existantes ou planifiées.

III. Ethnobotanique

La définition la plus simple et la plus vieille de l’ethnobotanique est l’utilisation des plantes par les populations aborigènes (HARSHBERGER, 1896). Tandis que les plantes s’adaptent à divers écosystèmes du monde à travers les modifications physiques et biochimiques, les hommes s’adaptent en générant des connaissances. Le transfert de l’application de ces connaissances écologiques, technologiques, pratiques et théoriques se fait d’une génération à une autre (COTTON, 1997). De nos jours, les sociétés traditionnelles à travers le monde entier possèdent une richesse de savoirs qu’ils ont accumulée durant l’interaction prolongée avec le monde naturelle et qui reste fondamentale pour leur bien être physique, spirituel et social. Il y a trois approches principales pour les études ethnobotaniques :

- les études économiques ou utilitaires qui enregistrent comment les différentes plantes sont utilisées et dans un nombre croissant de cas chercheraient à expliquer ces utilisations sur la base d’analyses scientifiques (COTTON, 1997 ; HÖFT et al., 1999) ;
- les études cognitives et socioculturelles qui essaient de déterminer comment les plantes sont perçues par différentes populations et explorer comment cette perception est influencée par les croyances spirituelles et socioculturelles (KERHARO & ADAM, 1974 ; ARBONNIER, 2002) ;
- les études écologiques et d’écologie culturelle qui cherchent à déterminer comment la gestion et l’exploitation des plantes peuvent influencer ou être influencée par les caractéristiques et les dynamiques de l’environnement local (COTTON, 1997 ; KRISTENSEN, 2004).

Il existe donc de nos jours, une vaste gamme de techniques sophistiquées qui peuvent être utilisées pour rechercher les relations existantes entre les plantes et les hommes. Comme l’ethnobotanique est intrinsèquement multidisciplinaire, ses méthodologies appropriées sont extrêmement diverses. Elles puisent dans les sciences biologiques et sociales et incluent les techniques des disciplines aussi diverses telles que l’économie, linguistique, écologie, anthropologie et pharmacognosie.

IV. Concept de la biodiversité

Selon la Convention de Rio de Janeiro, la biodiversité est définie comme étant la diversité des gènes, des espèces, des écosystèmes et des processus écologiques. Ces niveaux d’organisation sont généralement divisés en trois : la diversité génétique, la diversité spécifique et la diversité écosystémique. La diversité génétique se réfère à la variation intraspécifique des gènes des individus à l’intérieur d’une même population et entre différentes populations. La diversité spécifique correspond à la richesse des espèces et aux changements de composition des espèces dans un habitat. Enfin, la diversité écosystémique se réfère à la variation des structures des écosystèmes et des types d’habitats (HUNTER, 2002).

Les recherches concernant la biodiversité sont souvent axées sur la diversité spécifique (WHITTAKER, 1972 ; HUSTON, 1979 ; GILPIN & DIAMOND, 1980 ; CHESSON, 2000 ; CARDINALE et al., 2002). Cela est peut-être lié au fait que la diversité spécifique est plus facile à comprendre et à mesurer que la diversité génétique et la diversité écosystémique. Afin de décrire les modèles statistiques spatiaux de la diversité spécifique, WHITTAKER (1960) l’a divisée en trois composantes : alpha, bêta et gamma. La diversité alpha exprime le nombre d’espèces qui vivent dans un même site et leur abondance respective. La diversité bêta représente le coefficient de changement dans la composition des espèces le long de gradients environnementaux et la diversité gamma est une mesure de la diversité spécifique au niveau du paysage. Cette dernière se réfère au nombre d’espèces dans une grande région géographique composée d’une variété d’habitats (WHITTAKER, 1972). La diversité alpha et la diversité bêta contribuent toutes les deux à la diversité gamma. Une région peut avoir une grande diversité alpha à l’intérieur de chacun de ses sites, mais si les sites sont similaires entre eux en ce qui concerne les espèces la diversité bêta sera faible et la diversité gamma moyenne. Une autre région peut avoir une diversité alpha faible pour chacun de ses sites, mais si les espèces diffèrent d’un site à l’autre, la diversité bêta et gamma peuvent être plus élevées que pour la première région. Finalement, une région avec des diversités alpha et bêta élevées sera celle avec la diversité gamma la plus élevée parmi les trois régions. La richesse des espèces ou la diversité interspécifique est la mesure la plus simple de la biodiversité et est simplement un compte du nombre d’espèces différentes dans un secteur donné. D’autres mesures de la biodiversité peuvent aussi tenir compte de la rareté du taxon et la quantité de nouvelles évolutions qu’elles incarnent. La diversité écosystémique est la variété des environnements physiques et des communautés biotiques dans un paysage. Cette distribution biogéographique suggère le développement d’un gradient de diversité latitudinal principalement contrôlé par la température des eaux. Ce gradient climatique est devenu moins significatif au cours de l’Hirnantien terminal. Les différentes composantes de la diversité spécifique doivent donc être prises en compte dans la planification de projets de conservation ou de restauration pour maximiser la préservation de la biodiversité qui participe directement ou indirectement à la richesse économique grâce à l’exploitation des ressources naturelles, la satisfaction des besoins fondamentaux des humains et la provision de biens et services environnementaux (CHIVIAN & BERSTEIN, 2008).

Les modèles statistiques de biodiversité varient beaucoup d’une région à une autre. Quoi qu’il en soit, il existe un gradient latitudinal de la biodiversité à l’échelle planétaire. Il est accepté depuis longtemps que les régions tropicales comptent plus d’espèces que les régions tempérées ou polaires (HAWKINS, 2001). Les variables environnementales liées à la latitude amènent cette plus grande richesse spécifique. En fait, plus de 25 mécanismes différents ont été suggérés pour expliquer le gradient de diversité latitudinale, incluant des modèles statistiques basés sur le hasard, l’histoire des perturbations, la stabilité de l’environnement, l’hétérogénéité des habitats, la productivité et les interactions interspécifiques (GASTON, 2000). A plus petite échelle, la biodiversité régionale est déterminée par les interactions entre les espèces et leur environnement ainsi que par des facteurs opérant à l’échelle du paysage tels que la dispersion, la spéciation et la biogéographie historique (RICKLEFS, 1987).

V. Structure des peuplements végétaux

L’une des caractéristiques les plus fondamentales et les mieux connues des végétations tropicales est le grand nombre d’espèces que l’on y trouve (STEVENS, 1989 ; OSBORNE, 2000 ; HILLEBRAND, 2004 ; WIENS & DONOGHUE, 2004 ; GASTON, 2007 ; MITTELBACH et al., 2007). Du point de vue aménagement, cette grande diversité spécifique est une épée à double tranchant. Côté positif, le grand nombre d’espèces végétales présentes laisse supposer qu’il y a un assortiment tout aussi grand de ressources végétales utiles. Malheureusement, une autre conséquence de cette diversité spécifique est que les individus d’une espèce donnée ne se rencontrent généralement qu’à de faibles densités. La pérennité d’une espèce dépend de la capacité de l’espèce d’installer continuellement de nouveaux semis. Le critère ultime selon lequel la stratégie biologique d’une espèce doit être évaluée est son aptitude à recruter de nouveaux individus pour maintenir sa population. L’histoire du recrutement d’une espèce donnée se reflète dans la distribution par la taille des individus de la population. Les données sur la structure de population sont utilisées depuis longtemps par les forestiers et les écologistes pour étudier la dynamique de la régénération des essences forestières. Les résultats de ces études ont montré que la structure de la plupart des populations d’arbres peut être décrite par un nombre limité de distributions des classes d’âge ou de diamètre (PETERS, 1997).

- Une population en équilibre et en bonne régénération, représentant une population montrant un plus grand nombre de petits arbres que de grands arbres d’une classe de dimension à la suivante. Les ressources et l’espace étant limités, la compétition inter spécifique et intra spécifique induit une hiérarchisation sociale. C’est la population stable idéale.
- Une population en équilibre et en bonne régénération, représentant une population montrant un plus grand nombre de petits arbres que de grands arbres d’une classe de dimension à la suivante. Les ressources et l’espace étant limités, la compétition inter spécifique et intra spécifique induit une hiérarchisation sociale. C’est la population stable idéale. Une population en déséquilibre mais en bonne régénération se caractérisant par une installation sporadique ou irrégulière de nouveaux semis ou une pression anthropique sur les classes intermédiaires.
- Une population en déclin se caractérisant par une régénération sérieusement limitée. La plupart des individus ont plus ou moins la même taille. La courbe de la structure de la population à une concavité tournée vers le haut ou une forme en «J». Les classes inférieures sont très réduites voire inexistantes par rapport aux classes supérieures. Même si les individus d’une telle population produisent des fleurs et des fruits, les semis ne parviennent pas à s’installer. La régénération de cette population est mauvaise.

Bien que les trois types de distribution des classes de dimension correspondent bien aux trois groupes écologiques de régénération, il importe de se rappeler que la structure de la population d’une espèce est extrêmement dynamique et sensible aux changements dans le nivaux de régénération. Une population en équilibre peut facilement basculer en déséquilibre et une population à bonne régénération peut aussi facilement se transformer en population à mauvaise régénération. Ces trois types de structure constituent une séquence unique par laquelle passe une population en voie d’extinction.

VI. Relation entre gradient latitudinal, structure et biodiversité

Le gradient latitudinal en lui-même n’est pas une variable écologique mais elle est corrélée aux variables écologiquement significatives tels que le climat, la région et le sol. Les principales variables explicatives du gradient latitudinal sont susceptibles de varier de façon continue à partir de la basse à la haute latitude reflétant la variation spéciale de la richesse spécifique (GASTON, 2000; GOUGH & FIELD, 2007). Cependant, la longitude contient peu d’informations sur la variabilité climatique (STEVENS, 1989). Deux points de longitudes différentes ne présentent pas une différence consistante de climat que deux points de latitudes différentes. C’est pour cela la latitude est utilisée dans cette étude comme le facteur majeur contenant les informations de variabilité.

La répartition des êtres vivants résulte en permanence de la confrontation de leurs exigences écologiques avec les ressources offertes par les milieux (CHIVIAN & BERSTEIN, 2008). Elle s’étudie selon des aspects qualitatifs (distribution des différentes espèces) et quantitatifs (effectifs et structure des populations et nombre d’espèces). Le plus vieux des modèles statistiques les plus fondamentaux à propos de la vie sur terre est l’augmentation de la diversité biologique des régions polaires aux régions équatoriales (GASTON & BLACKBURN, 1996 ; ROSENZWEIG & SANDLIN, 1997 ; WILLIG, 2001). En effet, un argument solide formulé par von HUMBOLDT dans le dix-neuvième siècle (HAWKINS, 2001) stipule qu’il y a une forte corrélation inverse pour beaucoup de groupes entre la richesse spécifique et la latitude - plus on est loin de l’équateur, moins on trouve d’espèces. Le sommet de la richesse spécifique n’est pas à l’Équateur. Cependant, il est déduit que le sommet est entre 20-30°N. Les écologues appellent cette corrélation le «gradient latitudinal de diversité». Plusieurs mécanismes peuvent expliquer la relation entre le gradient latitudinal, la diversité et la structure des espèces (GASTON, 2000). L’ensemble de ces mécanismes peut être schématisé (Figure 1) et résumé comme suit :

- Le temps

La diversité est intrinsèquement liée à l’histoire du climat (changement climatique), de la géologie, de la géographie et des forces stochastiques naturels et anthropiques (SCHEMSKE, 2002, GOUGH et FIELD, 2007) pouvant affecter la géométrie, la structure interne et l’emplacement des espèces dans l’échelle écologique ou évolutionnaire temporelle. Les biocénoses se diversifient avec le temps. Les plus anciennes sont plus riches que les plus jeunes. La diversité est faible dans les écosystèmes les plus simples et les moins stables comme les agrocénoses. Elle est plus importante dans les écosystèmes stables et évolués, ayant atteint leur maturité (stade climacique) comme les régions tropicales. Les facteurs historiques affectent surtout la spéciation, l’extinction et la dispersion des espèces.

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Figure 2. Modèles statistiques latitudinaux de la biodiversité [adapté de BARBAUT (1992)]

- Les variations climatiques

Plus les conditions climatiques sont défavorables dans un milieu, moins il y a d’êtres vivants. En raison de la constance des ressources alimentaires des différentes espèces, les régions à climat stable (où l’amplitude thermique quotidienne est supérieure à l’amplitude thermique annuelle, avec des pluies régulières) favorisent l’apparition de spécialisations et d’adaptations plus poussées que les régions à climat variable.

- Les perturbations

Les perturbations écologiques résultant de processus naturels altèrent les paysages et affectent fortement la composition des communautés, la structure verticale et les fonctions des écosystèmes à différentes échelles spatiales et temporelles. De plus, les perturbations agissent à des échelles plus locales (c’est à dire au niveau des communautés végétales) et sur la répartition spatiale des ressources. Cette dernière est directement liée aux modèles de distribution des espèces végétales, ce qui conditionne les interactions de compétition et de coexistence responsables de l’hétérogénéité spatiale des nutriments (COLLINS & WEIN, 1998 ; CHIPMAN & JOHNSON, 2002 ; ANDERSON et al., 2004). Partant de l’idée que l’hétérogénéité spatiale de l’environnement favorise la stabilité des écosystèmes et la coexistence des espèces végétales, cela peut mener à une complémentarité spatiale entre les espèces végétales pour l’utilisation des ressources dans les habitats (LARCHER, 1995). Dans ces conditions, la productivité se retrouve répartie entre toutes les espèces végétales (CARDINALE et al., 2000). De même, la diversité influence la productivité, la pérennité et la stabilité des écosystèmes (TILMAN et al., 1996). Si un écosystème possède plusieurs espèces ayant le même rôle fonctionnel, la disparition d’une espèce sera compensée par les autres espèces, démontrant leur rôle répétitif ou redondant (WILSEY & POTVIN, 2000 ; LEPŠ, 2004).

- L’hétérogénéité spatiale

Plus le milieu biophysique est complexe, plus les biocénoses sont diversifiées. Le facteur topographique, les caractéristiques édaphiques ou la géologie jouent un rôle important dans la diversification du milieu et la formation d’espèces (MAYFIELD et al., 2006). Cependant, les régions tropicales ne sont pas plus variées en matière de topographie que les régions extratropicales. En milieu tropical, c’est souvent la richesse de la flore qui détermine l’hétérogénéité spatiale. L’hypothèse de l’hétérogénéité spatiale prédit que la variation de l’étendue géographique des biomes est un meilleur prédicteur de la diversité spécifique végétale locale, que ne le sont les conditions écologiques de ces biomes. A l’échelle du biome, la variation de la taille des divers microhabitats est le meilleur prédicteur de la diversité spécifique des végétaux. La relation entre la dimension d’un biome et la diversité spécifique se maintient après avoir contrôlé pour la latitude et la productivité primaire des microhabitats.

- La productivité

La diversité serait d’autant plus grande que la productivité est plus élevée (CONNELL & ORIAS, 1964). Dans un milieu stable, les pertes d’énergie sont faibles et une plus grande quantité d’énergie se retrouve sous la forme de matière vivante. Cet accroissement permet aux espèces de former des populations plus importantes avec un plus grand pouvoir de variabilité. Les gradients latitudinaux de richesse spécifique peuvent être le résultat de l’énergie disponible pour les écosystèmes. Aux latitudes inférieures, il y a une plus grande quantité d’énergie disponible à cause de la plus large radiation solaire, de plus de ressources (par exemple, des minéraux et de l’eau).

- La compétition-prédation

Selon PAINE (1966), ces facteurs diversifieraient les biocénoses et maintiendraient les populations à un niveau faible où la compétition est limitée.

- Le mutualisme

L’existence d’une complémentarité et d’une interaction positive entre les espèces favorise le maintient de la biodiversité.

Ces différents mécanismes expliquant la relation entre le gradient latitudinal et la diversité peuvent survenir individuellement ou de manière synergique. Dans son analyse, WHITMORE (1993) conclut qu’une localité ou une région contient seulement les espèces végétales dont la migration, l’évolution et la capacité de survie leur ont permis de s’établir. KOHYAMA (1993) propose que les espèces d’arbres peuvent coexister parce qu’elles varient en taille. La compétition pour la lumière avec les grands individus affectent les petits individus. Les espèces d’arbres peuvent se séparer par la taille, avec différentes espèces occupant différentes strates dans la végétation.

VII. Régénération

La régénération et la croissance des arbres sont des processus écologiques majeurs déterminant la coexistence des éléments boisés et des herbages dans les écosystèmes selon une mosaïque à dynamique spatio-temporelle. Le renouvellement des individus d’une espèce est sous la dépendance de processus écologiques complexes responsables à chaque stade de développement de la plante, de la survie, de l’installation et de la croissance des individus. La résultante dans le temps et dans l’espace de ces processus de mortalité et de croissance détermine la position et la densité des individus dans le peuplement. Les arbres tropicaux ont développé une diversité incroyable de stratégies biologiques pour assurer la pollinisation de leurs fleurs, disperser leurs semences, faciliter l’installation de nouveaux semis au sein de leur populations et pour survivre (BASKIN & BASKIN, 1998 ; FENNER & THOMPSON, 2005). On a cependant noté depuis longtemps qu’il existe certaines similitudes et certains schémas dans ces stratégies qui permettent de grouper les arbres tropicaux en catégories écologiques distinctes. La raison de ce regroupement n’est pas de masquer la diversité intrinsèque des différentes stratégies biologiques, mais plutôt de fournir un instrument utile pour appréhender plus rapidement les exigences écologiques fondamentales de l’espèce. La plupart des espèces tropicales régénèrent sexuellement et végétativement (BATIONO et al., 2005 ; BELLEFONTAINE, 2005b ; KY- DEMBELE et al., 2007). Le potentiel d’avoir la régénération sexuée et végétative devrait aider à maximiser le recouvrement végétal en combinant les avantages des deux mécanismes de régénération (VÁZQUEZ-YANES & OROZCO-SEGOVIA, 1993 ; BELLEFONTAINE, 2005b). Ces mécanismes de régénération peuvent être influencés par plusieurs facteurs comme l’irrégularité dans la dispersion des fruits, la qualité des fruits, la direction et la vitesse du vent, les pentes et l’humidité du sol (VIEIRA & SCARIOT, 2006). Généralement, la perturbation des formations végétales peut être restaurée à travers la croissance de juvéniles coupés, la germination des semences enterrées ou dispersées, le rejet de souche, le drageonnage et le marcottage (OLIVER & LARSON, 1996 ; KOZLOWSKI, 2002). La gestion des forêts tropicales sèches doit être durable, c’est à dire assurer la pérennité de l’écosystème et des ressources. La régénération des espèces arborées procèdent généralement par voie naturelle, artificielle et/ou par plantation.

VII.1. Régénération naturelle

La régénération naturelle assure le renouvellement des formations végétales de façon écologique et économique. Si le peuplement d’origine est de bonne qualité et si sa diversité génétique est bonne, elle permet de constituer un peuplement de qualité, bien adapté aux conditions locales et ainsi moins vulnérable aux changements climatiques. Les investissements pour établir la forêt de cette manière sont souvent plus faibles que par une plantation, même si, une fois le peuplement installé, des interventions sylvicoles sont nécessaire pour assurer la survie et la croissance des individus. La régénération naturelle peut s’avérer une méthode efficace de reboisement si les conditions sont favorables. Même si la régénération naturelle est habituellement sûre et ne produit que des arbres convenant au site (c’est à dire dont les essences sont déjà présentes), la période nécessaire pour compléter la régénération peut s’avérer longue. De plus, les possibilités d’amélioration génétique sont limitées. La régénération naturelle s’avère une option économique, mais elle comporte un risque important d’échec dû à plusieurs facteurs écologiques. Puisque la sylviculture vise notamment à accélérer l’exploitabilité d’une formation végétale, la régénération naturelle n’est habituellement pas l’option privilégiée lorsqu’il s’agit de pratiquer une gestion forestière de manière intensive.

VII.2 Régénération artificielle

L’ensemencement direct (artificiel) est généralement exécuté au sol ou par voie aérienne, sur des terrains qui ont été préparés à la germination des semences. Bien que ce soit une méthode plus coûteuse que la régénération naturelle, les chances que les essences désirées s’établissent après la procédure sont plus élevées. Les limites de cette méthode sont les suivantes ;

- les semences doivent être dotées d’une capacité élevé de germination ;
- les conditions du sol, de l’ensoleillement et de l’humidité doivent être appropriées pour la germination ;
- un volume important de semences doit être utilisé pour obtenir une germination réussie.

VII.3 Plantation

La plantation est la méthode de régénération la plus fiable et souvent la plus coûteuse. Les avantages de la plantation sont les suivants ;

- l’établissement est davantage prévisible et contrôlable ;
- les plants sont issus de semis en pépinière ;
- la densité des plants et leur coefficient de distribution sont contrôlés et permettent une meilleure utilisation des sites.

Les limites associées à la plantation sont les suivantes :

- il faut planifier et organiser le traitement, l’entreposage et la germination des semences bien avant la plantation ;
- les plants doivent correspondre aux caractéristiques du terrain pour ce qui est de l’espèce, de la taille et de la vigueur relative si l’on veut assurer la réussite de l’établissement ;
- les terrains doivent habituellement subir un traitement préparatif pour assurer l’établissement et la croissance des plants.

Souvent, il est nécessaire de préparer le terrain avant de planter, d’ensemencer, voire de régénérer naturellement le peuplement. Ce type d’opération, qu’on appelle la préparation du terrain où les nouvelles générations d’arbres s’établiront et se développeront dans les meilleures conditions possibles.

CHAPITRE II. PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE ET DES ESPECES ETUDIEES

I. Milieu biophysique

I.1. Situation géographique

L’étude a été conduite sur quatre différents terroirs à l’ouest du Burkina Faso suivant un gradient latitudinal nord-sud : Belehede (14° 06' N et 1°12' W) dans la province du Soum ; Ouahigouya (13° 32' N et 2° 22' W) dans la province du Yatenga ; Diouroum (12° 58' N et 3°08' W) dans la province du Sourou et Pâ (11° 35' N et 3° 14' W) dans la province des Balés.

I.2. Géologie et géomorphologie

Le Burkina Faso s’étend sur trois grands ensembles géologiques de l’ouest africain ; le socle précambrien métamorphique et éruptif qui occupe environ les trois quarts du pays ; les couvertures sédimentaires des bordures du nord, nord-ouest et ouest ; la frange méridionale du bassin de Taoudenni et celle du sud-est, à l’extrémité septentrionale des formations de l’Oti qui font parti du système voltaïen. Belehede, Ouahigouya et Pâ sont situés sur le socle précambrien et Diouroum sur les couvertures sédimentaires (Figure 3). Les mouvements tectoniques ont été insignifiants depuis le précambrien. Les roches sont donc très anciennes, consolidées et arasées, ce qui explique la platitude du relief sur l’ensemble du pays (ANONYME, 2005).

I.3. Pédologie

Le Burkina Faso est caractérisé par une hétérogénéité pédologique due à la longue évolution géomorphologique et à la diversité de la couverture géologique. On y distingue 9 classes de sols caractérisées chacune par sa répartition, sa morphologie et ses propriétés physico-chimiques et agronomiques (Figure 4). Selon le système de classification des sols de la FAO (DRIESSEN et al., 2001), les solonetz sont les plus fréquemment rencontrés à Belehede, les ferralsols à Pâ et les lithosols à Ouahigouya et Diouroum (BUNASOLS, 2002a, b, c, 2006).

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Figure 3. Cartes géomorphologique du Burkina Faso indiquant les sites d’études

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Figure 4. Carte pédologique du Burkina Faso indiquant les sites d’études

I.4. Climat

Le contexte latitudinal et la continentalité agissent sur les éléments du climat et font du Burkina Faso un pays intertropical à caractère soudano-sahélien. L’année se caractérise par l’alternance d’une saison sèche variant de huit mois au nord à six mois au sud et d’une saison humide, de mi-avril à mi-octobre au sud, de juin à septembre au nord (ANONYME, 2005). Le régime de la mousson apporte la plus grande partie des pluies. Pendant la saison sèche, le pays est soumis au régime de l’harmattan. Belehede et Ouahigouya sont situés dans la zone climatique sahélienne, Diouroum et Pâ dans la soudano-sahélienne (Figure 5).

Les précipitations sont très inégalement réparties aussi bien dans l’espace que dans le temps (Figure 6). Dans l’espace, on note une diminution progressive des hauteurs pluviométriques du sud-ouest (1300 mm) vers le nord (300 mm). Dans le temps, les précipitations sont concentrées sur une partie de l’année : c’est la saison des pluies qui diminue du sud (environ 6 mois) au nord (environ 3 mois). Juillet, août et septembre sont généralement les mois les plus humides.

Les moyennes mensuelles des températures dépassent exceptionnellement 35°C (Figure 6) ; les extrêmes se rencontrent généralement au nord du pays ; les amplitudes thermiques diurnes, journalières et annuelles, deviennent de plus en plus importantes au fur et à mesure que l’on progresse vers le nord ; les mois généralement les plus chauds de l’année sont mars et avril tandis que les mois les plus frais sont décembre et janvier.

I.5. Végétation

Des formations savanicoles dominent sur l’ensemble des sites avec une strate herbacée parsemée d’arbres et d’arbustes. Les espèces de la famille des Mimosaceae et des Combretaceae dominent la végétation ligneuse. Les sites d’étude sont situés dans les quatre secteurs phytogéographiques définis par FONTES et GUINKO (1995) (Figure 7) :

- ) la végétation de Belehede est composée de steppes et la flore, surtout saharienne et sahélienne est dominée par les épineux. Quelques forêts galeries à Anogeissus leiocarpa et Combretum micranthum se dessinent le long des cours d’eaux relativement importants. Les espèces les plus remarquables sont Acacia senegal, Commiphora africana, Balanites aegyptiaca, Boscia angustifolia, Pterocarpus lucens, Combretum glutinosum et Combretum aculeatum.

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Figure 5 Carte climatologique du Burkina Faso indiquant les sites d’études

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Figure 6. Pluviosité et température moyennes établies sur la période de 2004 à 2006 dans les stations météorologiques proches des sites d’études (Source = Direction de la météorologie)

- La végétation de Ouahigouya est essentiellement dominée par des steppes et des fourrés plus ou moins denses. Elle est constituée d’une flore sahélienne ubiquiste. La flore est marquée par la présence de Vitellaria paradoxa, Lannea microcarpa, Anogeissus leiocarpa, Combretum micranthum, Pterocarpus lucens et Combretum glutinosum.
- La végétation de Diouroum se compose de différents types de savanes avec une légère dominance des savanes arbustives et arborées. La flore est essentiellement soudanienne et fortement marquée par les essences comme Vitellaria paradoxa, Parkia biglobosa, Lannea microcarpa, Anogeissus leiocarpa, Combretum micranthum, Combretum nigricans et Pteleopsis suberosa.
- La végétation de Pâ est essentiellement dominée par les savanes boisées et les forêts claires. Les espèces remarquables sont Isoberlinia doka, Daniellia oliveri, Anogeissus leiocarpa, Combretum nigricans, Pteleopsis suberosa et Detarium microcarpum.

II. Milieu humain

II.1. Population

La population du Burkina Faso est composée d’une soixantaine d’ethnies d’importance numérique inégale et qui n’occupent pas toujours des aires géographiques précises (ANONYME, 2005) (Figure 8). La population de Belehede est constituée des ethnies autochtones Fulsé, Peulh, Sonraï, Bêla et d’ethnies allochtones essentiellement Mossi ; celle de Ouahigouya est constituée de l’ethnie autochtone Mossi et d’ethnies allochtones essentiellement Peul ; celle de Diouroum d’ethnies autochtones Samo et Marka et celle de Pâ de l’ethnie autochtone Bwa et d’ethnies allochtones essentiellement Mossi. Les religions pratiquées sont l’animisme, l’islam et le christianisme.

II.2. Activités socio-économiques

La majorité de la population du Burkina Faso vit de l’agriculture dans le cadre de très petites exploitations familiales tournées en priorité vers la production de céréales. Cette activité, pratiquée dans des conditions agroclimatiques et pédologiques difficiles, avec un système traditionnel d’exploitation extensif, se modernise aujourd’hui et s’étend à des cultures de rente. L’élevage, de type principalement extensif, est pratiqué sur l’ensemble du territoire. La région du nord, dont il est la principale activité, est la zone d’élevage transhumant par excellence, pratiqué par les éleveurs traditionnels. Viennent ensuite la zone semi-aride ou nord-soudanienne et la zone subhumide où l’élevage est plutôt sédentaire. Le secteur agriculture-élevage contribue à environ 40% du PIB, plus de la moitié des recettes d’exploitation et assure l’emploi et le revenu à 86% de la population.

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Figure 7. Carte phytogéographique du Burkina Faso indiquant les sites d’études

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Figure 8. Carte de distribution des groupes ethniques au Burkina Faso indiquant les sites d’études

III. Aperçu sur les espèces étudiées

A. leiocarpa est un arbre de taille moyenne (7 - 18 m de hauteur) avec une large répartition écologique allant des frontières du Sahara à la périphérie des forêts tropicales humides. Elle pousse dans les domaines soudanien et sahélien, borde les forêts et les savanes semi-arides, les zones autour des marécages, dans les vallées et les forêts galeries, où elle forme habituellement des communautés denses et fermées (THIOMBIANO et al., 2006). Elle est présente à Belehede, Ouahigouya, Diouroum et Pâ.

C. aculeatum est un arbuste de 0,5 - 4 m de hauteur avec des branches hirsutes ou pouvant atteindre jusqu’à 8 m avec des branches lianescentes. Elle est très répandue dans les forêts et les savanes sèches. Elle se trouve souvent le long des rivières et sur les pentes rocheuses. Il s’agit d’une espèce à distribution sahélienne et nord-soudanienne adaptée à une large variation des conditions édaphiques, poussant sur des sols alluviaux, ainsi que de sable, d’argile ou les sols caillouteux (THIOMBIANO et al., 2006). Elle est présente à Belehede, Ouahigouya et Diouroum.

C. micranthum est une espèce à port arbustif, buissonnant ou sarmenteux (4 - 10 m de hauteur). Elle peut atteindre une hauteur de 20 m en grimpant sur les branches des arbres vivant à proximité. C’est une espèce à distribution sahélienne et nord-soudanienne. Il s’agit d’une espèce savanicole pouvant se trouver sur des sites arides sur du substrat argileux, latéritique, les roches cristallines et les sols squelettiques. Elle est souvent grégaire localement abondante et souvent en population dense (THIOMBIANO et al., 2006). Elle est présente à Belehede, Ouahigouya et Diouroum.

C. nigricans est un arbuste ou un arbre de 4 - 12 m de hauteur, avec une couronne dense et arrondie. C’est une espèce à distribution sud-sahélienne et soudanienne. Elle est très commune, localement abondant et grégaire. Elle se trouve dans la savane et les forêts sèches de la région guinéenne et soudanienne, généralement sur des sols argileux ou limoneux, mais aussi sur le grès, les sols sablonneux ou rocheux (THIOMBIANO et al., 2006). Elle est présente à Ouahigouya, Diouroum et Pâ.

P. suberosa est un arbuste de 4 - 7 m de hauteur. Elle est présente dans les régions soudaniennes et guinéennes. Elle pousse dans le domaine soudanien en forêts décidues et les formations savanicoles sur du sol argileux, de grès et des sols sablonneux ou rocheux (THIOMBIANO et al., 2006). Elle est présente à Diouroum et Pâ.

CHAPITRE III. ETUDE ETHNOBOTANIQUE DE CINQ ESPECES DE COMBRETACEAE

I. Introduction

En Afrique, les communautés locales dépendent des forêts et des plantes pour leurs besoins journaliers y compris les produits et les bois de services. Ces besoins sont principalement la nourriture, la pharmacopée traditionnelle, le bois de feu, les matériaux de construction, le fourrage pour les animaux, l’ombrage, la fertilisation et la restauration des sols, l’ornementation et les pratiques rituelles et coutumières (KRISTENSEN & BALSLEV, 2003 ; BELEM et al., 2007). Les communautés indigènes de la région ont appris à utiliser les ressources génétiques environnantes à des fins qui sont souvent ignorées. La collecte des évidences ethnobotaniques exige quelques compréhensions préliminaires de la structuration du système de la connaissance lui même, y compris la variation de la connaissance dans l’espace et dans le temps (COTTON, 1997).

Un usage fréquent des plantes locales et la communication de la connaissance de génération à génération donnent aux populations locales une connaissance profonde des ressources de la plante. Toutes les populations locales peuvent pratiquement donner des informations au sujet de la diversité des espèces utiles et plusieurs ont des priorités pour l’utilisation des ressources naturelles et leur gestion pratique (LYKKE, 2000). Les sociétés locales détiennent par conséquent des informations importantes sur les plantes précieuses et il est nécessaire de documenter ces ressources pour fournir des informations plus complètes sur la valeur des espèces ligneuses et aider les stratégies de gestion et de conservation. Bien qu’il y ait beaucoup d’études sur l’utilisation des produits forestiers parmi les peuples indigènes au Burkina Faso (NACOULMA/OUEDRAOGO, 1996 ; ARBONNIER, 2002 ; THIOMBIANO, 2005), il y a peu d’études sur les différences de connaissances des groupes ethniques sur l’utilisation des plantes et comment cela varie d’une localité à une autre.

La médecine traditionnelle basée sur la phytothérapie pourrait complémenter et offrir des alternatives dans le contrôle des maladies, en particulier pour les couches sociales qui ne peuvent pas s’offrir la médecine moderne. Des études supplémentaires sont nécessaires pour décrire le savoir-faire traditionnel, mais aussi les plantes médicinales elles-mêmes. Dans cette étude, nous avons examiné l’ethnobotanique des cinq espèces de Combretaceae.

II. Matériel et méthodes

II. 1. Collecte des données

Les informations ont été obtenues grâce à des enquêtes semi-structurées (COTTON, 1997), des conversations personnelles avec des experts et spécialistes locaux sur l’usage des ressources naturelles locales (ETKIN, 1993) et en faisant la revue des études rapportées dans la littérature. Pour mener l’étude ethnobotanique et évaluer l’utilité des cinq espèces de Combretaceae parmi les groupes ethniques de Fulsé, Mossi, Samo et Bwa, deux types d’enquêtes ont été réalisés dans les villages de Belehede, Ouahigouya, Diouroum et Pâ. Premièrement, une méthode d’échantillonnage raisonné a été utilisée pour sélectionner 150 informateurs correspondant à 30 informateurs pour chacune des cinq espèces. Le nombre des informateurs sélectionnés est proportionnel au nombre de villages où les espèces sont présentes. Les spécialistes enquêtés sont composés de tradipraticiens, des utilisateurs de plantes médicinales, de marchands de plantes médicinales, d’éleveurs et d’artisans. Pour réduire les risques de réponses biaisées la plupart des entrevues ont été arrangées avec l’aide des premiers responsables du village, familiers aux conditions locales et qui peuvent mieux communiquer avec la population. Une explication complète des objectifs de la recherche a été faite dans le but d’obtenir le consentement de l’individu pour participer à l’entrevue et à la procédure de la collecte des données. Nous avons aussi fait savoir clairement que nous sommes des chercheurs indépendants sans affiliation avec les autorités forestières. Dans chaque village, les enquêtés sont des hommes (chef de famille) et des femmes âgés d’au moins 37 ans afin d’obtenir des réponses fiables concernant les usages des espèces. Le soin a été pris pour avoir une combinaison représentative des enquêtés en ce qui concerne la localisation géographique de la maison dans les différents villages. Le questionnaire a inclus les parties de la plante qui sont utilisées et les domaines d’utilisations (Annexe 1a). Les entrevues ont été menées avec l’aide de traducteurs pendant la saison sèche où les cultivateurs et les éleveurs ont plus de temps libre. Chacune des entrevues a duré approximativement 30 minutes et a été effectuée dans la langue locale des informateurs (Fulsé, Fulfulde, Moré, San, Marka, ou Bwamu).

Deuxièmement, 100 informateurs ont été choisis de façon randomisée dans chaque localité de telle sorte que les variables sociologiques telles que l’âge, le genre, l’occupation et l’éducation ne biaisent pas les réponses d’un groupe social. Les informateurs ont été enquêtés individuellement avec l’aide d’un assistant local. Au total 400 informateurs ont été enquêtés individuellement au sujet de leurs propres exploitations de ces espèces.

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Details

Seiten
146
Jahr
2009
ISBN (eBook)
9783640971657
ISBN (Buch)
9783640972739
Dateigröße
4.6 MB
Sprache
Französisch
Katalognummer
v176013
Note
Schlagworte
restauration utilisation burkina faso

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Titel: Restauration écologique et gradient latitudinal