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Immigration et quête dans le roman "Desert de Le Clézio"

Seminararbeit 2003 25 Seiten

Didaktik - Französisch - Literatur, Werke

Leseprobe

Sommaire

1. Situation actuelle de l'immigration maghrébine dans le sud de la France

2. Immigration et quête dans le roman Désert de Le Clézio
2.1 quête déçue de la terre promise
2.1.1 l'idéalisation d'une nouvelle patrie
2.1.1.1 les condition de vie insupportables
2.1.1.2 l'appel du lointain
2.1.1.3 le rêve d'une meilleure vie
2.1.2 le lieu de désillusion
2.1.2.1 la vallée du Draa
2.1.2.2 Marseille, « la ville magique »?
2.1.2.3 le désespoir
2.1.3 l'échec
2.1.3.1 le retour des Hommes Bleus
2.1.3.2 la délinquance comme moyen de survivre
2.1.3.3 le Panier, prison des immigrants
2.2 quête d'une identité
2.2.1 une identité marocaine
2.2.1.1 la mer
2.2.1.2 la tradition
2.2.1.3 la religion
2.2.2 une identité nomade
2.2.2.1 l'attraction du désert
2.2.2.2 l'amour pour le Hartani
2.2.2.3 les racines nomades
2.3 identité en miroir
2.3.1 le regard des ancêtres
2.3.2 Lalla, descendante des Hommes Bleus
2.3.3 la revanche pour l'échec des nomades

3. Le Clézio, un écrivain « qui dénonce, qui combat, qui provoque »

4. Indication des sources

1. Situation actuelle de l'immigration maghrébine dans le sud de la France

L'immigration en France peut être divisée en trois groupes différents: le groupe d'immigrants européens, maghrébins et d'Afrique noire. D'après un recensement de l'INSEE en 1999, 60,2 millions d'habitants vivaient en France dont 3,6 millions de nationalités étrangères. Une région qui a un très grand nombre d'habitants étrangers est celle des Alpes-Côte-d'Azur Marseille, chef-lieu de la région avec ses presque 800 000 habitants, compte déjà 54 355 étrangers dont la plupart sont d'origine maghrébine[1], ce qui représente 6,79% de la population totale. Selon une enquête sur l'immigration et le multiculturalisme en France, menée par l'université allemande de Trêve en 1995, il y avait environ 1,4 million d'habitants maghrébins sur le territoire français. Ce groupe d'immigrants est particulièrement victime du grand taux de chômage et a souvent des problèmes d'intégration à cause de sa religion[2].

J.M.G. Le Clézio, auteur célèbre, né en 1940, connu depuis son premier roman Le procès-verbal paru en septembre 1963 (prix Renaudot), traite le sujet de l'immigration dans son roman Désert pour lequel il a reçu le Grand Prix Paul Morand de l'Académie Française. L'histoire composée de deux récits, temporellement éloignés l'un de l'autre de 60 ans, nous raconte deux différentes sortes de quête, celle d'une meilleure vie et celle de l'identité. La quête de l'homme est d'ailleurs un des sujets préférés de l'auteur qui dessine l'homme comme être errant, toujours en mouvement, « homo viator ». D'abord, dans le premier récit, qui est exactement situé entre l'hiver 1909 et le 30 mars 1912, Le Clézio nous raconte l'histoire du jeune nomade Nour qui, avec sa tribu des Hommes Bleus et le guide spirituel Ma el Aïnine, traverse le désert. Ils partent de la ville de Smara pour trouver de meilleures terres au Nord, dans la vallée du Draa, et pour mener une guerre sainte contre les troupes françaises, mais ils échouent finalement dans leurs deux buts. En outre, l'auteur traite un fait historique, car c'étaient les berbers chleuhs, tribu sud-saharienne et appelés « Hommes Bleus » pour leurs vêtements et turbans bleus, qui luttaient une dernière fois, guidés par Ma el Aïnine, d'ailleurs fondateur de la ville marocaine Smara et combattant de la foi musulmane, contre les troupes françaises. La perte de cette bataille marquait l'établissement du territoire français au Maroc, scellé par « la Convention de Fès » et signé le 30 mars 1912. Ensuite, ce récit est croisé d'un seconde qui se joue à peu près 60 ans plus tard: celui de la jeune marocaine Lalla. L'héroïne, descendante des Hommes Bleus, vit dans un bidonville surla côte atlantique du Maroc. Elle va partir vers Marseille où, après un travail comme femme de ménage dans un hôtel de passe, elle devient mannequin. Mais malgré son succès, elle retourne finalement au pays de ses racines pour accoucher de son bébé et retrouver son identité.

Du fait du croisement des deux récits, l'auteur nous donne des éléments et passages parallèles afin de comprendre les liens entre Lalla et ses ancêtres. Ceci conduit à un dénouement positif, lorsque Lalla retrouve ses racines.

Ici, nous allons voir comment Le Clézio présente les sujets de l'immigration et de la quête dans le roman Désert en montrant deux extrêmes, l'échec et la réussite, et la revanche comme résultat des deux.

Dans ce but, on présente premièrement la recherche d'une vie meilleure, d'un côté des nomades de la tribu des hommes bleus et de l'autre des immigrants à Marseille, recherche qui se termine par un echec. Résumée par thèmes, cette partie montre alors les mêmes aspects dans les deux récits; deuxièmement, on évoque la quête d'identité de Lalla qui finalement trouve une fin positive. Ceci introduira une troisième partie: c'est le lien entre les deux quêtes différentes car le succès de Lalla est véritablement une revanche pour ces ancêtres, les nomades.

2. Immigration et quête dans le roman Désert de Le Clézio

2.1 quête déçue de la terre promise

Le thème de la quête de la terre promise, sujet du judaïsme, surprend dans le cadre du roman. Car les nomades cherchant une nouvelle patrie ont comme religion l'islam. Mais ce sujet se laisse encore interpréter d'une autre manière: comme la plupart des immigrants s'attendent une vie meilleure dans le pays, but de leur immigration, le pays choisi leur paraît également comme une terre promise. Dans les deux récits temporairement éloignés, ce sont à la fois les nomades du début du XXème siècle et les immigrants contemporains qui vont vivre une déception face à leur « terre promise ».

2.1.1 l'idéalisation d'une nouvelle patrie

2.1.1.1 les condition de vie insupportables

S'il ne s'agit pas d'une volonté de quitter son pays pour des raisons politiques comme par exemple pour demander asile, la raison la plus fréquente du désir d'immigrer est la vie qui devient insupportable dans la patrie. Dans notre roman, par exemple le bidonville est un lieu pauvre et sale. Le nom de « Cité » semble être un euphémisme face à l'aspect provisoire:

Lalla ne sait pas pourquoi ça s'appelle la Cité, parce qu'au début, il n'y avait qu'une dizaine de cabanes de planches et de papier goudronné Peut-être qu'on a donné ce nom pour faire oublier aux gens qu'ils vivaient avec des chiens et des rats, au milieu de la poussière[3]

Comme tout le monde est pauvre, la population ne peut pas dépenser de l'argent pour des bâtiments en briques.

Mais cette pauvreté est la conséquence de la situation catastrophique de l'économie des pays de provenance des immigrants. La plupart de la population est au chômage. Les habitants du bidonville marocain où Lalla vit sont dépendants du travail. Si on ne trouve pas de travail, la famille doit souffrir et cette pression rend les gens inquiets comme également dans la famille de Lalla:

Lalla connaît bien ces jours-là, quand il n'y a plus du tout d'argent à la maison, et qu'Aamma n'a pas trouvé de travail à la ville. Même Selim, le Soussi, le mari d'Aamma ne sait plus où chercher de l'argent, et tout le monde devient sombre, triste, presque méchant[4].

Pour éviter ces situations précaires, les enfants aussi doivent aider leurs familles en travaillant dans des usines. Aamma, la tante de Lalla, veut également que sa nièce travaille dans un atelier de tapis où la main d'oeuvre ne se compose que de petites filles dont « [la] plus âgée doit avoir quatorze ans, la plus jeune n’a probablement pas huit ans. »[5] N'ayant pas encore le courage et la force de se défendre, les enfants sont exploités sans pitié. De plus, Zora, la marchande de tapis, les punit cruellement, et particulièrement les plus faibles, si elles ne nouent pas efficacement:

Mais la grosse femme vêtue de noir se venge sur les plus petites, celles qui sont maigres et craintives comme des chiennes, les filles de mendiants, les filles abandonnées qui vivent toute l'année dans la maison de Zora, et qui n'ont pas d'argent. Dès qu'elles ralentissent leur travail, ou si elles échangent quelques mots en chuchotant, la grosse femme pâle se précipite sur elles avec une agilité surprenante, et elle cingle leur dos avec sa baguette.[6]

2.1.1.2 l'appel du lointain

Dans le cas de Lalla, le désir de partir se renforce encore par un de ses traits de caractères qui est très prononcé: elle a la nostalgie du voyage. Quand Naman le pêcheur lui raconte ses voyages en Europe en décrivant les villes d'une manière pittoresque, Lalla a envie de voyager:

Lalla écoute tout cela, et elle frissonne un peu d'inquiétude, et en même temps elle pense qu'elle aimerait bien être dans ce chemin de fer, de ville en ville, vers ces pays où l'on ne sait plus rien de la poussière et des chiens affamés, ni des cabanes de planches où entre le vent du désert.[7]

Même quand elle est déjà arrivée dans la ville de Marseille qui est très éloignée de son pays natale, cette envie de voyager n'est pas encore satisfaite. Pour cette raison, Lalla aime bien passer son temps dans des lieux en rapport avec le voyage. La gare est un de ses lieux préférés. Ici, elle continue son rêve du lointain...

Souvent, elle pense qu'elle aimerait bien s'en aller, monter dans un train qui part vers le nord, avec tous ces noms de pays qui arrivent et qui effraient un peu, Irun, Bordeaux, Amsterdam, Lyon, Dijon, Paris, Calais.[8]

[...]


[1] Voir www. recensement. insee. fr (28 décembre 2002)

[2] voir Leistico, Dirk: Immigration und Multikulturalismus in Frankreich -eine Fallstudie, Trier, 1995, Centre d'études européennes, p. 24-34

[3] Le Clézio, Jean-Marie Gustave: Désert, Paris, Gallimard, 1980, p. 87

[4] Le Clézio, Désert, p. 186

[5] ibd. p. 187

[6] ibd. p. 188

[7] Le Clézio, Désert, p. 103

[8]

Details

Seiten
25
Jahr
2003
ISBN (eBook)
9783638224819
ISBN (Buch)
9783668210790
Dateigröße
490 KB
Sprache
Französisch
Katalognummer
v18056
Institution / Hochschule
Université de Provence – Lettres modernes
Note
15/20
Schlagworte
Immigration Desert Clézio Littérature Francophone

Autor

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Titel: Immigration et quête dans le roman "Desert de Le Clézio"