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Les contes fantastiques de Maupassant

Le journal d'un fou?

©2009 Hausarbeit 17 Seiten

Zusammenfassung

La folie est un des thèmes principaux des contes fantastiques de Guy de Maupassant, pour ainsi dire une des sources principales du fantastique.
Il en résulte qu’ils sont souvent interprétés comme feuille d’observation de l’auteur lui-même, les symptômes de ses protagonistes identifiés avec ceux de Maupassant, prouvant ainsi que son état de santé s’aggravait progressivement.
Maupassant était bien conscient de ce « danger », « [...] puisque, lors de la parution de la première version du Horla, il avait dit à son valet de chambre : ‘J’ai envoyé aujourd’hui le manuscrit du Horla ; avant huit jours vous verrez que tous les journaux publieront que je suis fou.’ »
Certes, il y a quelques parallèles à la biographie et particulièrment à la maladie de l’auteur, mais interpréter ses contes uniquement comme reflet de ses maux et pour ainsi dire comme « le journal d’un fou » , c’est ne pas tenir compte du contexte historique.
Le 19ième siècle est marqué par l’intérêt croissant pour l’inconscient et la naissance de la psychiatrie, appelée aussi la « première psychiatrie dynamique », qui exercait une influence importante sur la littérature et les arts et menait à une certaine « mode littéraire » de la folie.
Maupassant lui-aussi était très intéressé par ce développement, par le progrès dans le savoir médical : « Il saisit toutes les occasions de se renseigner sur l’hypnotisme, sur le magnétisme ; il interroge longuement les psychiatres ; il s’initie, en outre, aux travaux de l’école de Nancy. Sa méthodique enquête lui permit d’introduire dans son nouveau conte [...] de saisissantes précisions. »
De plus, il suivait les « Leçons de Mardi » de Charcot, neurologue français à la Salpêtrière de Paris, et s’intéressait à ses travaux sur l’hypnose et le magnétisme dont il voyait bientôt l’intérêt pour ses récits fantastiques, donc pour une exploitation littéraire.
« Il est important de remarquer que la plupart des „contes fantastiques“ ont été écrits à l’époque où Maupassant suivait les cours de Charcot. A tort, on a voulu les présenter comme des manifestations de démence de l’auteur, alors que ce sont des oeuvres cherchant une réponse à la folie, compatible avec les exigences scientifiques comme avec les exigences artistiques. »

Le but de l’analyse ci-présente est de présenter Maupassant comme enfant de son temps et de montrer particulièrement l’influence du développement de la psychiatrie sur ses récits fantastiques.

Leseprobe

Table des matières

1.) Introduction

2.) La psychiatrie au 19ième siècle

3.) Les contes fantastiques de Maupassant
3.1) Les symptômes de la folie
3.2) L’accès à l’inconscient - L’hypnose et le magnétisme
3.3) Médecins et hommes de sciences

4.) Conclusion

1.) Introduction

La folie est un des thèmes principaux des contes fantastiques de Guy de Maupassant, pour ainsi dire une des sources principales du fantastique.1

Il en résulte qu’ils sont souvent interprétés comme feuille d’observation de l’auteur luimême, les symptômes de ses protagonistes identifiés avec ceux de Maupassant, prouvant ainsi que son état de santé s’aggravait progressivement.

Maupassant était bien conscient de ce « danger », « [...] puisque, lors de la parution de la première version du Horla, il avait dit à son valet de chambre : ‘J’ai envoyé aujourd’hui le manuscrit du Horla ; avant huit jours vous verrez que tous les journaux publieront que je suis fou.’ »2

Certes, il y a quelques parallèles à la biographie et particulièrment à la maladie de l’auteur, mais interpréter ses contes uniquement comme reflet de ses maux et pour ainsi dire comme « le journal d’un fou »3, c’est ne pas tenir compte du contexte historique. Le 19ième siècle est marqué par l’intérrt croissant pour l’inconscient et la naissance de la psychiatrie, appelée aussi la « première psychiatrie dynamique », qui exercait une influence importante sur la littérature et les arts4 et menait à une certaine « mode littéraire »5 de la folie.

Maupassant lui-aussi était très intéressé par ce développement, par le progrès dans le savoir médical : « Il saisit toutes les occasions de se renseigner sur l’hypnotisme, sur le magnétisme ; il interroge longuement les psychiatres ; il s’initie, en outre, aux travaux de l’école de Nancy. Sa méthodique enqurte lui permit d’introduire dans son nouveau conte [...] de saisissantes précisions. »6

De plus, il suivait les « Leçons de Mardi » de Charcot, neurologue français à la Salpêtrière de Paris, et s’intéressait à ses travaux sur l’hypnose et le magnétisme dont il voyait bientôt l’intérrt pour ses récits fantastiques, donc pour une exploitation littéraire.7

« Il est important de remarquer que la plupart des „contes fantastiques“ ont été écrits à l’époque où Maupassant suivait les cours de Charcot. A tort, on a voulu les présenter comme des manifestations de démence de l’auteur, alors que ce sont des oeuvres cherchant une réponse à la folie, compatible avec les exigences scientifiques comme avec les exigences artistiques. »8

Le but de l’analyse ci-présente est de présenter Maupassant comme enfant de son temps et de montrer particulièrement l’influence du développement de la psychiatrie sur ses récits fantastiques au lieu de les interpréter comme son propre bulletin de santé. La transposition littéraire sera au centre de l’analyse, c’est-à-dire la façon dont l’auteur traite les phénomènes découverts par la psychiatrie naissante, ce qu’il apprend par exemple dans les « Leçons de Mardi » de Charcot, comment il décrit les symptômes, les méthodes de traitements populaires de son époque et enfin aussi son attitude envers les découvertes des médecins.

Dans ce qui suit, à base d’un aperçu de l’histoire de la psychiatrie au 19ième siècle, une sélection des contes fantastiques de Maupassant9 sera analysée tout en tenant compte des questions ainsi formulées.

2.) La psychiatrie au 19ième siècle

« Depuis l’Antiquité, les fous sont considérés comme des malades et soignés comme tels. [...] On n’a pas attendu la naissance de la psychiatrie pour s’intéresser au fou, et pour tenter de soulager ses maux. »10

L’histoire de la psychiatrie et particulièrement le traitement des malades mentaux sont marqués par de nombreux changements dus aux conditions culturelles et sociales : « Kein Wissenszweig hat soviele Metamorphosen durchgemacht wie die dynamische Psychiatrie : von primitiver Heilkunst zum Magnetismus, vom Magnetismus zum Hypnotismus, vom Hypnotismus zur Psychoanalyse und zu den neueren dynamischen Schulen. »11

Ce passage veut donner un aperçu des changements les plus importants pendant le 19ième siècle concernant le développement de la psychiatrie.

L’histoire de la psychiatrie au sens restreint commence au 19ième siècle, sous l’influence des idées du siècle des Lumières et du Romantisme avec son intérêt croissant pour l’inconscient :

« Le XIXe siècle marque la naissance d’une nouvelle vision de la maladie mentale, d’une volonté de traiter humainement les malades mentaux et d’une véritable foi dans l’idée de curabilité de la folie. Cette conception nouvelle se trouve symbolisée par l’image de Pinel libérant les fous de leurs chaînes. La loi du 30 juin 1838 sur les aliénés consacre ce regard en apparence nouveau sur la folie.»12

Deux développements très importants du 19ième siècle sont la moralisation du traitement, c’est-à-dire les efforts de faire un lien entre la philantrophie, la médecine et la pédagogie13 et l’internement des aliénés, qui est devenu obligatoire grâce à la loi de 1838, pour séparer la maladie mentale et la maladie physique. Les aliénés sont alors reconnus comme objet d’une responsabilité sociale et medicale, ce qui est manifesté aussi par le terme du « pauvre fou »14 ; « [...] c’est la naissance d’une médecine spécifique à la maladie mentale, d’une science de la folie. »15

Cette « science de la folie » cherche à expliquer l’origine des maladies mentales en s’orientant plus à la médecine qui appartient aux sciences physiques et naturelles et particulièrement à la neurologie :

« Mit der Entstehung des medizinischen Faches Psychiatrie um 1800 wurden Geisteskrankheiten in erster Linie als Krankheiten von Gehirn und Nerven angesehen, die in jener Zeit zu einem Hauptgegenstand von medizinischer Anthropologie und Naturforschung geworden waren. [«] Diese naturwissenschaftliche Grundlegung der Psychiatrie entsprach der naturwissenschaftlichen Grundlegung der Medizin schlechthin. »16

Grâce aux deux grandes institutions, l’École de la Salprtrière avec Charcot et l’École de Nancy avec Bernheim, la psychiatrie atteint le statut d’une science académique.17

Tous ces mouvements sont réunis sous le nom de « première psychiatrie dynamique » dont les cinq caractères principaux définis par Ellenberger sont au centre d’intérrt pour l’analyse des contes fantastiques de Maupassant :

« Die Grundzüge der ersten dynamischen Psychiatrie waren : die Anwendung der Hypnose als Zugang zum Unbewußten, das Interesse an gewissen besonderen Zuständen, die man «magnetische Krankheiten» nannte, die Modellvorstellung von einer Dualität der Seele mit einem bewußten und einem unbewußten Ich, der Glaube an die Psychogenese vieler emotionaler und physischer Krankheitszustände, und die Anwendung spezifischer psychotherapeutischer Verfahren ; als therapeutischer Übermittlungsweg wurde der «Rapport» zwischen dem Hypnotiseur und dem Patienten angesehen. »18

Ces caractères seront la base de l’analyse des contes fantastiques dans le prochain chapitre et y seront traités plus en détail.

3.) Les contes fantastiques de Maupassant

Dans les contes fantastiques qui seront traités dans cette analyse, c’est la folie, la prétendue maladie mentale du protagoniste, qui provoque le fantastique, des évènements ou hallucinations qui « touchent au surnaturel »19 ou bien dans l’autre perspective qui « touchent à la folie »20. Il en résulte, et pour le narrateur et pour le lecteur, la question de la norme, de la limite entre maladie mentale et santé de l’esprit et ainsi la question de la réalité des phénomènes observés. Pour trouver une réponse à cette question, donc pour prouver l’irréalité des hallucinations, le héros du conte analyse avec lucidité ses symptômes comme signaux d’une maladie mentale quelconque :

« Eines der Merkmale der contes fantastiques Maupassants besteht darin, daß in ihnen ein bestimmter Typus des Helden häufig wiederkehrt, nämlich der des nervlich, geistig kranken und zugleich luziden Helden, der seinen eigenen Fall zu analysieren vermag und sich über seine Situation Klarheit zu schaffen sucht. »21

[...]


1 Cogny (1968), pp. 177-178.

2 Mortier (1989), p. 6.

3 cf. ebda., p. 6. Une telle interprétation se trouve entre autres chez Ernst Sander: « Dabei beobachtete er sich unablässig und setzte seine Feststellungen in Novellen um; sein Interesse an psychischen Phänomenen, an Hysterie, an Hypnose war von je groß gewesen; er hatte Vorlesungen Charcots in der Salpêtrière gehört, sich mit den Forschungen Bernheims und der École de Nancy auseinandergesetzt. Jetzt gewahrte er die pathologischen Symptome an sich selbst; er lag vor sich selbst auf der Lauer, beobachtete, notierte- und gestaltete. » (Sander (1951), p. 141.)

4 cf. Ellenberger (1985), p. 232.

5 cf. Mortier (1989), p. 7.

6 Castex (1987), p. 382.

7 cf. Baron (1994), p. 765.

8 Lehman (1990), p. 208.

9 Les contes qui sont au centre d’intérrt de cette analyse et qui y sont traités plus en détail sont les cinq contes suivants : « Le Magnétisme », « Lui ? », « Un Fou? », « Lettre d’un fou » et la seconde version du conte « Le Horla ». Dans un contexte plus générale, particulièrement concernant l’approche du thème de la folie dans les contes fantastiques de Maupassant, les autres récits parus dans l’édition de 1989 ont aussi contribué à développer les idées centrales de cette analyse.

10 Eymann (2006), pp. 20-21.

11 Ellenberger (1985), p. 7.

12 Eymann (2006), p. 11.

13 cf. Schott (2006), p. 51.

14 cf. Machleidt (2004), p. 5.

15 Eymann (2006), p. 24.

16 Schott (2006), pp. 78-79.

17 cf. Ellenberger (1985), p. 162.

18 Ellenberger (1985), pp. 9-10.

19 Maupassant (Main 1883), p. 69.

20 Maupassant (Nuit 1887), p. 145.

21 Kessler (1966), p. 73.

Details

Seiten
17
Jahr
2009
ISBN (eBook)
9783656454342
ISBN (Paperback)
9783656455882
DOI
10.3239/9783656454342
Dateigröße
597 KB
Sprache
Deutsch
Institution / Hochschule
Johannes Gutenberg-Universität Mainz
Erscheinungsdatum
2013 (Juli)
Note
1,0
Schlagworte
maupassant
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Titel: Les contes fantastiques de Maupassant