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NGANDO - eine afrikanische Erzählung

Seminararbeit 2003 9 Seiten

Romanistik - Französisch - Literatur

Leseprobe

Plan

I. Du bien et du mal – une introduction

II. Pourquoi ce voyage exceptionnel dans la mer ?

III. Les eaux primordiales ou la mer est la mère

IV. Et à la fin reste la [mεr] – une conclusion

Bibliographie

I. Du bien et du mal – une introduction

« Que faire à présent de cette histoire de coïncidences de petits malheurs ? Faut-il les traiter par l’indifférence et le mépris comme ferait tout homme rationnel, ou bien accepter d’aller au-delà et risquer d’entrer dans un monde flou, confus et surtout totalement basé sur l’irrationnel ? [...] La sorcellerie est un monde à part, un monde parallèle et impénétrable.

Il sait qu’il est aussi complexe et mystérieux que certaines données de la physique. [...] Ses convictions religieuses excluent ce monde. Dieu est une puissance spirituelle qui ne peut se mêler à ses élucubrations où le diable a la part belle. »[1]

A la fin du récit Homme sous influence, cet homme ensorcelé va se confier à un fqih qui remettra sa vie en ordre. Cet homme, Anwar, est un professeur d’université spécialisé dans les mathématiques appliquées et la physique nucléaire. On l’appelle « le Cartésien » et parfois on ajoute « le Françaouis » : il est un Marocain qui a presque oublié ses racines spirituelles, comme il n’est passionné que par son milieu rationnel. Il personnifie un homme qui allonge ses bras vers le « nouveau », vers l’autre monde, notamment l’Europe et les Etats-Unis. Et pourtant, il reste membre d’ « une société semi-logique »[2], comme le dit un autre personnage dans la nouvelle.

Anwar a eu la chance, son fqih ne voulait que du bien pour lui. Mobokoli, le nganga-nkisi ou féticheur dans NGA, par contre laisse mourir fils et mari de Koso parce que celle-ci ne voulait pas l’épouser. Munsemvola, le mari, est allé voir le nganga-nkisi pour qu’il l’aide à pouvoir délivrer son fils Musolina dans l’île Mbamu. Son fils avait été ensorcelé par la sorcière Ngulube et il avait été emporté par le crocodile Ngando. Le crocodile et le petit Musolina firent arrêt dans le village des Bilima, situé sous les eaux avant d’arriver à l’intérieur de l’île Mbamu. Ngulube a ensorcelé le petit garçon parce qu’elle avait de « mauvais sentiments » à l’égard de Koso[3] et pourtant, elle veut que le ngando le dépose vivant ; normalement, les victimes des sorciers sont « mangées »[4]... On a alors Koso qui est le point de départ et également au milieu du déroulement de l’histoire : elle est dans un premier temps la raison pour laquelle Ngulube ensorcèle Musolina, et plus tard, c’est aussi elle pour laquelle le nganga-nkisi a toujours de sentiments pleins de jalousie et déception qui le pousse à laisser mourir mari et fils[5].

Dans l’avertissement au lecteur on apprend que le cadre à l’intérieur duquel se passe l’existence des Bantu, c’est d’ « un côté le ndoki, de l’autre le nganga nkisi »[6]. En plus, Lomami-Tchibamba explique que « le nganga nkisi use de ses connaissances et de ses puissances occultes plus pour nuire que pour faire du bien »[7].

Mais cette histoire est encore plus complexe. Lisons ce que les génies et leurs suppôts malfaisants disent :

« - Nous profitons de cette occasion pour attirer l’attention de tous sur la gravité des temps que nous traversons actuellement. Les seuls hommes de la terre que nous connaissions étaient des Noirs. Les hommes à la peau blanche, qui sont des hommes venus de l’autre côté de la tombe, connaissent tous les secrets des dieux, des génies, des esprits et des ndoki. Les connaissances de l’au-delà sont interdites aux hommes noirs. A cause de leur trop grande curiosité, les dieux et les génies de la partie supérieure de l’au-delà ont renvoyé les Blancs recommencer l’existence de la terre parmi les hommes noirs. Le malheur est que les Blancs se servent des connaissances d’outre-tombe pour le bien des Noirs. [...] les Blancs instruisent les Noirs, c’est-à-dire qu’ils leur ouvrent les yeux de l’esprit, les arrachent ainsi à notre domination ; ils vont jusqu’à mettre à leur disposition, pour marcher sur l’eau, de grandes maisons lourdes, en fer, qui flottent. [...] Maintenant, les Noirs osent se dire maîtres de la terre tout entière !... [...] Cette situation ne peut plus continuer : pour regagner notre place dans la crainte et dans la vénération dont nous entouraient jadis les hommes noirs, nous devons réagir de toutes nos forces. [...] A partir d’aujourd’hui, c’est la guerre déclarée contre les Blancs ! »[8]

II. Pourquoi ce voyage exceptionnel dans la mer ?

Les mauvais ont peur de perdre leur place – impossible à accepter dans une société dans laquelle le bien et le mal sont bien divisés[9]. Et quel génie peut accepter la présomption de ses disciples ? « – Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle ! car sa méchanceté est montée jusqu’à moi. » Cependant le disciple n’a pas envie et essaie de s’enfuir en prenant le bateau qui le mènera hors de l’influence de celui qui a parlé à lui. Mais il ne connaît pas encore la force avec laquelle ce génie peut faire agir l’air et l’eau et ceux qui voyagent avec lui vont consulter les sorts pour connaître le responsable du malheur qui les frappe. « Puis ils prirent Jonas, et le jetèrent dans la mer. Et la fureur de la mer s’apaisa. Ces hommes furent saisis d’une grande crainte de l’Éternel, et ils offrirent un sacrifice à l’Éternel, et firent de vœux. L’Éternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas, et Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. Jonas, dans le ventre du poisson, pria l’Éternel, son Dieu. [...] Je suis descendu jusqu’aux racines des montagnes. Les barres de la terre m’enfermaient pour toujours ; Mais tu m’as fait remonter vivant de la fosse. Éternel, mon Dieu ! [...] L’Éternel parla au poisson, et le poisson vomit Jonas sur la terre. »[10]

[...]


[1] Homme sous influence, in : Ben Jelloun, 2003, p. 57/58

[2] ibd., p. 45

[3] Cf. NGA, p. 39/40

[4] Cf. note 1. In : NGA, p. 69

[5] et trois autres hommes.

[6] NGA, p. 18

[7] NGA, p. 20

[8] NGA, p. 67/68 (mise en relief par moi)

[9] Cf. l’exemple de l’arbre dans l’avertissement. Pour raison d’exemplarité, je facilite les choses.

[10] Livre de Jonas.

Details

Seiten
9
Jahr
2003
ISBN (eBook)
9783638286305
Dateigröße
673 KB
Sprache
Französisch
Katalognummer
v26222
Institution / Hochschule
Université Sorbonne Nouvelle Paris III – Lettres Modernes
Note
sehr gut
Schlagworte
NGANDO Erzählung

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Titel: NGANDO - eine afrikanische Erzählung