Lade Inhalt...

La musique et le "printemps arabe": comment une chanson peut contribuer au succès ou à l’échec d’une révolution

Studienarbeit 2013 13 Seiten

Kulturwissenschaften - Mittlerer Osten

Leseprobe

Table of Contents

LA MUSIQUE ET LE « PRINTEMPS ARABE » : comment une chanson peut contribuer au succès ou à l’échec d’une révolution

Les paroles d’une chanson: des « agents » révolutionnaires et des « outils » de changement social?

Tunisie

Égypte

Libye

Syrie

CONCLUSION

Sources

LA MUSIQUE ET LE « PRINTEMPS ARABE » : comment une chanson peut contribuer au succès ou à l’échec d’une révolution…

La musique peut-elle définir une culture? Est-il possible de mieux comprendre une société en analysant ses traits musicaux? Aussi, peut-on se servir de la pratique musicale comme symbole de « liberté » et de « progrès »? Quoi qu’on en dise, le simple fait de réfléchir à ces questions nous amène à réaliser l’importance de la musique dans notre quotidien. Au même temps, il n’y a rien de plus discuté dans notre monde politique contemporain que les évènements du « printemps arabe ». Que ce soit du renversement de Ben Ali en Tunisie, des protestations dans la place Tahrir contre Hosni Moubarak en Égypte, de l’assassinat du dictateur libyen Mouammar Kadhafi ou bien de la continuation des conflits civils anti-Asad en Syrie, le monde arabe est en train de vivre une transformation extraordinaire qui restera toujours ancrée dans l’histoire. Malgré le récit infini qui pourrait être raconté à ce sujet, il importe de décortiquer le « printemps arabe » afin de trouver un élément culturel qui a fini par avoir un impact sur ces manifestations. On ne peut pas nier que plusieurs analystes ont raison de dire que les réseaux cyber-médiatiques, tels que Facebook, Twitter, YouTube, etc., se trouvent tous au cœur des soulèvements. Toutefois, il existe des milliers de publications qui ont été faites sur ceux-ci et il sera redondant de simplement répéter ce qu’autres spécialistes ont déjà écrits. À cet égard, alors que ce papier gardera l’impact des réseaux sociaux en tête, l’analyse portera plutôt sur un autre instrument de la culture populaire, la musique. Comme dans tous les pays au monde, la musique joue un rôle marquant pour ce qui est de la manière dont un peuple se conduit. Or, lorsqu’on aime une chanson, on a tendance à la réécouter et la réécouter jusqu’à ce que l’on ait appris ses paroles. Comme tenu de cela, les paroles d’une chanson peuvent servir comme des indicateurs d’expressions et celles-ci ont toujours un quelconque objectif qui les accompagne. Sur la base de ce facteur crucial de la culture arabe – la musique –, le présent essai tentera de démontrer le lien qu’il existe entre les paroles des chansons révolutionnaires et les protestations récentes dans le monde arabe. L’essai aura un caractère comparatiste dans la mesure où je vais montrer comment la musique a facilité le chute des régimes dans certains pays, alors que dans d’autres, les chansons ont pris plus de temps à être reconnues, menant désormais à une aggravation dans les conflits (donc, plus la reconnaissance des paroles révolutionnaires est longue, plus la durée est étendue, plus le nombre de morts est élevé). Le papier traitera de quatre pays en particulier et l’analyse sera conduite en suivant la chronologie des évènements du printemps arabe. Ceci étant dit, la première section traitera de la musique révolutionnaire en Tunisie, passant ensuite au cas égyptien, menant dès lors aux paroles musicaux en Libye, et, enfin, terminera avec la Syrie et comment la domination de la musique pro-Asad au pays continue à prolonger la guerre civile.

Les paroles d’une chanson: des « agents » révolutionnaires et des « outils » de changement social?

L’article de Dard Neuman pourrait nous aide à mieux comprendre le côté révolutionnaire que la musique peut avoir et comment les paroles peuvent agir comme des « agents » de changement. Selon lui, « […] lyrics […] convey a political message (often through humor and irony), and [people go] to the streets to reach and recruit new members […] »[1]. On voit là que Neuman nous incite à reconnaître le pouvoir que les paroles musicales exercent. Autrement dit, c’est largement à travers la musique que les gens se réunissent et se mettent à répéter les mêmes mots. Bien que Neuman présente un cas à part, il existe sans doute un lien entre son étude et les évènements du printemps arabe. Il illustre la manière dont la chanson révolutionnaire peut avoir un « […] clear political function; to draw outsiders into a movement by identifying problems and prescribing clear solutions […] »[2]. Tout considérant, ce qu’on tire du texte de Neuman est justement la puissance de la musique. Puisque la musique est un élément qui se trouve au cœur de la culture populaire, on remarque facilement que les pratiques culturelles peuvent devenir des agents politiques majeurs. En termes plus simples, la musique évoque un caractère divertissant et, grace au divertissement, les peuples s’unissent en partageant les mots du chant. En revanche, si l’on compare la musique à un pamphlet politique, les chances sont plus élevées que des gens préfèrerons écouter à des rythmes que lire un communiqué de propagande. Bref, Neuman nous montre la manière dont la musique est devenue une industrie qui facilite le changement. C’est donc grâce à des éléments de la culture populaire que les gens créent une atmosphère solidaire.

Maintenant, on peut se demander pourquoi analyser le « printemps arabe » à travers la pratique culturelle de la musique? La musique sert-elle uniquement à divertir, ou peut-elle aussi contribuer à une révolution? Quelle sorte de musique a été employée par les révolutionnaires dans les différents pays du « printemps arabe »? Quoi qu’on en dise, en parallèle aux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, YouTube, etc.), les chansons révolutionnaires ont eu une grande part dans la transformation du monde arabe. La raison pour laquelle j’ai fait le choix de lier la musique aux manifestations est parce que la chanson est probablement l’élément culturel par excellence. En plus, la « liberté musicale » était interdite dans presque toutes ces nations arabes avant les révolutions. Il avait aussi une énorme censure pour la chanson et certains musiciens étaient sanctionnés pour ce qu’ils chantaient. À cet instar, la musique a toujours été présente dans le monde arabe, mais plus présente dans certains États que dans d’autres. Or, une question centrale de départ serait : pourquoi les révolutions en Tunisie et en Égypte étaient-elles plus rapides que celles en Libye et en Syrie? Pourquoi la situation syrienne n’est-elle pas encore résolue? Existe-t-il encore un caractère pro-Asad dans la musique syrienne? En gardant le focus sur ces questions, cet essai montrera que « […] across Tunisia, across Egypt, across Libya, […] and Syria, people were singing their songs of revolution and rebellion. Once it was in the air, the people were no longer silent and the fear that held the country together vanished, to be felt only in the citadels of power »[3].

Tunisie On est tous d’accord que le sacrifice de Mohammad Bouazizi a été l’évènement déclencheur du printemps arabe. Ayant été les premiers à révolter, le peuple tunisien a rapidement incité les autres nations du monde arabe à eux aussi manifester contre la dictature et l’autocratie. La révolution tunisienne a durée presque 4 semaines et, vers la fin de celle-ci, le pouvoir de Zine El Abidine Ben Ali a été renversé.

Les styles musicaux hip-hop et rap ont connus le plus de succès dans le monde révolutionnaire du printemps arabe. Dans un article de OpenDemocracy, on append que le « […] hip-hop played a genuinely vital role in the Tunisian Revolution, although it needed a good dose of serendipity to do it »[4]. Compte tenu de cette analogie, on peut facilement prétendre que la musique hip-hop a d’une part transformée le résultat de la révolution tunisienne. Toutefois, cette musique a été accompagnée par de la « bonne chance » provenant du support que le peuple tunisien lui-même a accordé aux chansons révolutionnaires. Un nom important qui a sorti dans le printemps tunisien était celui d’El Général. El Général est devenu le chanteur rap par excellence et sa chanson Rais Lebled (Président du pays) a rapidement gagné l’appui des manifestants tunisiens. Sa chanson est rapidement devenue « l’hymne de la révolution tunisienne » et c’était à travers elle que le peuple tunisien s’est regroupé pour manifester contre Ben Ali. Cette chanson a transmis des sentiments de manque de liberté, de voix malentendus et d’un peuple mort. L’image derrière les paroles a rapidement touché les cœurs des concitoyens d’El Général en Tunisie. Dans un délai de 4 semaines, les paroles de la chanson ont été apprises par cœur par les révolutionnaires et ont finis par jouer un rôle central dans le renversement de la gouvernance de Ben Ali.

[...]


[1] Neuman, Dard. "Music & Politics in the Classroom: Music, Politics, and Protest."Music and Politics 2.2 (2008): 1.

[2] Ibid, 2.

[3] Al Yafai, Faisal. "A Song to Start Something: The Arab Spring's Greatest Hits."The National [Abu Dhabi] 27 Aug. 2011: 3.

[4] "Hip Hop and the Arab Uprisings." Web log post. OpenDemocracy. Ulysses, 24 Feb. 2012. Web. 04 June 2013.

Details

Seiten
13
Jahr
2013
ISBN (eBook)
9783668467729
ISBN (Buch)
9783668467736
Dateigröße
1016 KB
Sprache
Französisch
Katalognummer
v365746
Institution / Hochschule
Ottawa University
Note

Autor

Zurück

Titel: La musique et le "printemps arabe": comment une chanson peut contribuer au succès ou à l’échec d’une révolution