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Entre souveraineté nationale et multilatéralisme, quel rôle pour les Nations Unies ?

Dans le respect de la souveraineté nationale et face aux enjeux du multilatéralisme, quel(s) rôle(s) pour les Nations Unis ?

Essay 2018 6 Seiten

Politik - Internationale Politik - Thema: Geschichte der Internationalen Beziehungen

Leseprobe

SUJET

Entre souveraineté nationale et multilatéralisme, quel rôle pour les Nations Unies ?

PROBLÉMATIQUE

Dans le respect de la souveraineté nationale et face aux enjeux du multilatéralisme, quel(s) rôle(s) pour les Nations Unis ?

INTRODUCTION

En 1945, fut créé l’Organisation des Nations Unis à la suite de la seconde guerre mondiale, afin d’instituer, en quelque sorte, un « parlement mondial ». L’O.N.U, chargée de veiller à la paix universelle, propose des objectifs qui l’oriente à en faire un organe de gouvernance mondiale, limitant ainsi l’unipolarité. Nous analyserons ses objectifs et son fonctionnement avant d’étudier les Opérations de Maintien de la paix (OMP) qu’elle mène, puis aux limites et concurrences du système onusien, afin d’en comprendre son rôle, dans le règlement des conflits et des tensions mondiales.

1. OBJECTIFS ET FONCTIONNEMENT DE L’ONU

Le principale but de l’O.N.U, est le maintien de la paix dans le monde. Cette organisation multilatérale ne dispose pas directement de forces militaires mais bénéficie, selon les résolutions et engagements de son conseil de sécurité, de celles des États membres afin de mettre sur pied des forces d’interposition : les Casques bleus.

L’O.N.U inclut 193 États du monde et s’efforce, dans le cadre de sa charte, à bâtir un avenir durable à travers quatre objectifs principaux (Art. I de la Charte des Nations Unies1 ) : Assurer et maintenir la paix et la sécurité internationale, favoriser des relations amicales entre les nations, réaliser la coopération internationale sur tous les sujets où elle peut être utile et en encourageant le respect des Droits de l’Homme et être un centre où s’harmonise les efforts des nations dans des objectifs communs.

Elle n’est pas un gouvernement mondial, donc, l’O.N.U ne légifère pas au sens juridique du terme. Le siège de l’ONU est à New York. Le premier organe est l’Assemblée Générale, qui est constitué des 193 ambassadeurs des Etats membres. En second lieu, le Secrétariat est chargé du fonctionnement de l’institution, sous la direction d’un Secrétaire général (le portugais Antonio Guterres depuis janvier 2017). Le Conseil de tutelle est chargé de surveiller les territoires sous tutelle de l’ONU (Kosovo), tandis que le Conseil économique et social (ECOSOC) propose des résolutions et des actions visant au développement des populations. Enfin, l’ONU gère de nombreuses « agences » qui relaient ses missions dans des domaines spécifiques, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Haut Commissariat aux

Réfugiés (HCR), l’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA), l’UNESCO (protection culturelle et éducation) ou le PNUD, l’UNISDR etc.

Sur un plan stratégique et militaire, l’organe le plus important est le Conseil de Sécurité. Il décide de l’intervention des Casques bleus et vote les résolutions. Il a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale et les résolutions, ont force d’exécution. Celui-ci est composé depuis la fondation de l’O.N.U en 1945 de cinq membres permanents2: les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Chacun de ces États dispose d’un droit de veto qui peut paralyser à lui seul une résolution. Il est complété par dix membres non permanents répartis en règle générale entre trois Etats africains, deux Etats asiatiques, un Etat d’Europe orientale, deux Etats d’Amérique latine, et deux Etats d’Europe occidentale. Ceux-ci ont un mandat de deux ans et sont renouvelés par moitié, chaque année, par un vote à la majorité des deux tiers de l’Assemblée générale. Neuf des quinze membres du conseils doivent votée favorablement une résolution pour qu’elle soit adoptée. Enfin, la Cour internationale de justice (CIJ - La haye) est chargée de régler les litiges entre Etats et de juger les criminels de guerre. Par ailleurs, des agences spécialisées mettent en application la politique de l’ONU dans différents domaines, comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international (FMI) sur le plan économique3. Les Etats-Unis sont les premiers financeurs de l’organisation, à hauteur de 22 %, suivis par la Chine, le Japon, l’Allemagne et la France avec une contribution de 4,86%4.

2. LES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX (OMP)

En 2018, 15 Opérations de Maintien de la Paix (OMP) sous mandat de l’ONU sont en cours. Elles mobilisent plus de 86 000 Casques bleus et près de 30 000 civils pour un budget dépassant les 4 milliards de dollars annuels. La plus importante OMP est en République Démocratique du Congo (MONUC, 22 000 hommes), devant la MINUL (17 000 hommes) et la FINUL (14 000 hommes)5. A l’inverse, certaines missions plus anciennes et d’origine plus diplomatique comptent peu d’hommes : une centaine pour l’UNMOGIP ou encore moins de 400 pour l’ONUST. La majorité des Casques bleus interviennent en Afrique (63 000 hommes). Toutefois, d’autres missions d’importance permettent à l’ONU d’être présente sur tous les continents avec les 10 400 hommes de la MINUSTAH en Haïti, 4700 civils de la MINUK au Kosovo, ou encore les 3 100 soldats de la MINUT au Timor-Leste.

Trois types de missions peuvent être mené par les Casques Bleus lors des OMP : Des missions d’observation et de surveillance des cessez-le-feu entre belligérants (Cachemire), des missions d’interposition entre combattants (Côte d’Ivoire), des missions humanitaires pour acheminer nourriture et soins (Bosnie, Haïti). Les casques bleus sont régis par des règles strictes. Ils doivent rester neutres : ils ne peuvent généralement utiliser leurs armes qu’en cas de légitime défense. Cela induit des risques lourds (267 morts au Liban, 176 à Chypre, 110 au Congo ; ainsi que 250 pris en otage au Liban dans les années 1980). Parfois pris à partie, ils n’ont pas le droit de participer aux combats et de soutenir un camp contre l’autre. Outre leurs casques bleu ciel, leurs véhicules sont de couleur blanche afin que les soldats de l’ONU ne puissent pas être confondus avec les forces de combat.

La France a été, entre 1991 et 1995, le premier pays fournisseurs de Casques bleus (entre 5 000 et 7 000 soldats en Bosnie, au Cambodge ou en Somalie)6. Pour des questions d’économie liées aux multiplications du nombre d’OMP et par une stratégie d’une meilleure acceptation des Casques bleus par les populations locales7, l’ONU plébiscite en effet les États participants, issus des pays proches des conflits. Ainsi les pays du Sud sont désormais majoritaires au sein des OMP, les principaux contributeurs étant le Pakistan (10 594 hommes début 2008), le Bangladesh (9 853) et l’Inde (9 376). La France se place au 15e rang, avec 1 803 Casques bleus. Parfois l’ONU préfère donner un mandat à d’autres organisations pour intervenir sous son égide, elle « sous-traite » certaines missions de rétablissement de la paix en mandatant, par exemple, l’OTAN (Bosnie 1995, Kosovo 1999, Afghanistan 2003) ou l’Union Africaine (Darfour 2005).

3. LIMITES, DYFONCTIONNEMENT ET CONCURRENCES AU SYSTÈME ONUSIEN

Les Nations Unies suscite de nombreuses critiques face aux limites de son fonctionnement et de son organisation. En premier chef, les membres permanents du Conseil de sécurité ne sont plus représentatifs du monde. Ils ne regroupent que 30 % de la population mondiale (dont 20 % pour la Chine), excluant les pays issus de la décolonisation et les populations vivant dans des territoires de fort développement démographique8. Une large partie des Etats membres conteste le choix des membres permanents et certains pays comme l’Afrique du Sud, l’Allemagne, le Japon, le Brésil, l’Egypte, l’Inde, le Nigeria ou l’Italie ont déjà fait part de leur souhait de devenir membres permanents9. Le veto confère aux cinq membres permanents un pouvoir considérable. Cette dernière décennie a donné encore quelques illustrations de ces blocages : l’attaque du Liban par Israël, le problème nucléaire en Iran ou l’essai nucléaire de la Corée du Nord n’ont pu aboutir à des mesures coercitives car les Etats- Unis, la Russie puis la Chine ont successivement brandi la menace du veto. Par ailleurs, le désengagement des Américains, des Russes et des Britanniques des missions de l’ONU entretient cette contestation.

Concernant les résolutions, il arrive régulièrement qu’elles soient non appliquées.

[...]


1 https://www.un.org/fr/sections/un-charter/chapter-i/index.html Charte des nations Unies Consulté le 3 mars 2018

RI1EAD1718_MOD2NOTE_72.pdf

2 Le financement de l’ONU Consulté le 1 mars 2018 https://onu.delegfrance.org/Le-financement-de-l-ONU-8604

3 Hessel Stéphane, « À quoi sert l'ONU ? », Le journal de l'école de Paris du management, 2007/6 (N°68), p. 16- 23. DOI : 10.3917/jepam.068.0016. URL : https://www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du- management-2007-6-page-16.htm

4 c Assemblée générale du 24 décembre 2012 point 67/238 Consulté le 5 mars 2018

5 http://www.un.org/fr/peacekeeping/operations/current.shtml Opérations de maintien de la paix Consulté le 1er mars 2018

RI1EAD1718_MOD2NOTE_72.pdf

6 https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/la-france-a-l-onu/la-france-et-les-nations- unies/article/le-role-de-la-france-a-l-onu consulté le 5 mars 2018

7 Mélanie ALBARET, "L’ONU, entre puissance et multilatéralisme", CERISCOPE Puissance, 2013, [en ligne], consulté le 05/03/2018, URL : http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part3/l-onu-entre-puissance-et- multilateralisme

8 http://www.lemonde.fr/international/article/2016/04/05/un-rapport-des-nations-unies-pointe-des- dysfonctionnements-dans-l-affaire-john-ashe_4895656_3210.html Lemonde.fr avec AFP le 05 avril 2016 consulté le 4 mars 2018

9 http://www.ledevoir.com/opinion/idees/92202/l-onu-imparfaite-et-indispensable Rédacteur Thierry Tardy Chercheur à l’UQAM publié le 8 octobre 2015 consulté le 1 mars 2018 RI1EAD1718_MOD2NOTE_72.pdf

Details

Seiten
6
Jahr
2018
ISBN (eBook)
9783668775169
Sprache
Französisch
Katalognummer
v432898
Institution / Hochschule
L'école de l'Institut de relations internationales et stratégiques
Note
Schlagworte
damien lerasle damien lerasle livre

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