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La déconstruction des mythes de la migration dans le roman "Place des Fêtes" de Sami Tchak

Hausarbeit 2013 12 Seiten

Didaktik - Französisch - Literatur, Werke

Leseprobe

Table des matières

1. Introduction

2. Histoire de l’immigration et des mythes en France
2.1 L’immigration de 1945 à nos jours
2.2 Mythes de la migration

3. Mythes de la migration dans Place des fêtes
3.1 Mythe de retour
3.2 Mythe de l’assimilation
3.3 Déconstruction des mythes

4. Conclusion

5. Sources

1. Introduction

« J’aurais du naître avec une peau pâle, des yeux bleus et des cheveux blonds […] Qui suis-je? D’où suis-je? Par ma mentalité, par mon éducation, ma sensibilité je suis en partie d’ici. Par ma couleur de ma peau, par mes parents, je suis d’ailleurs. » Cette citation d’un jeune immigrant du Maroc (cf. Collès 2001 : 114) montre très bien la problématique à laquelle beaucoup d’immigrants sont confrontés. En arrivant dans un nouveau pays, ils se sentent déchirés entre deux cultures, entre deux langues. Le manque d’orientation et le bouleversement issu de l’appartenance à deux cultures mènent souvent à une crise identitaire. . Le phénomène de l’immigration comme tous les mouvements de population, n’est pas nouveau. Même si l’immigration a déjà marqué l’histoire de la France dans le passé, elle est devenue encore plus importante, elle est aujourd’hui l’un des sujets les plus discutés. Jamais, depuis le 20ième siècle, on n’a autant parlé de la migration, jamais on n’a vu tant de discours, de reportages, de films, de livres traitant ce phénomène. Mais pourquoi on parle tellement de l’immigration? Depuis la crise socio-économique qui a avivé la concurrence entre différents groups sociaux pour l’accès aux ressources, l’individu se trouve en plein bouleversement. La question de l’identité, de l’appartenance de chacun à sa patrie, est devenue majeure. Le roman Place des Fêtes, publié en 2001 de Sami Tchak, évoque avec humour, ironie et surtout cynisme le profil psychologique de plusieurs générations d’immigrantes. L’Afrique, un espace imaginaire, est représentée à travers les contours de la vie quotidienne en espace parisien. En faisant de l’Afrique ancienne et de l’Afrique récente un thème de discussion, le texte est l’expression d’une nouvelle expérience de migration. Il déconstruit des mythes circulant chez les migrants et démontre la deuxième génération d’immigrés vivant en France. L’objet de ce travail sera d’examiner comment ces mythes de la migration se manifestent dans le roman et comment ils sont déconstruits. Pour atteindre cela et pour assurer une base de connaissances générales quant à cette thématique, l’histoire de l’immigration à partir de 1945 jusqu’à aujourd’hui va être présentée. Avant d’analyser les mythes existant dans le roman, il est indispensable de définir le terme « mythe ». Puis suit- ce qui constitue la partie principale du travail- l’explication des différents mythes. Le mythe du retour et le mythe de l’assimilation vont être au centre de l’analyse. Toutes les connaissances acquises devront nous aider à travailler sur la question comment les mythes de migration sont déconstruits. Pour terminer, les points les plus importants de ce travail seront résumés dans une courte conclusion.

2. Histoire de l’immigration et des mythes en France

2.1 L’immigration de 1945 à nos jours

Selon les dernières données de l’INSEE de l’année 2011 (cf. Laacher 2012: 89), un habitant sur cinq en France est immigré, ou enfant d’immigré. La France compte ainsi 5 millions d’immigrés et 6.5 millions d’enfants d’immigrés. Près de 180 000 personnes arrivent en France chaque année et ils ont tous des raisons différentes. Quelques-uns parmi eux sont poussés par la politique et la guerre qui règnent dans leur pays natal, d’autre sont poussés par l’espoir de trouver un emploi et de gagner assez d’argent pour nourrir la famille. Entre 1945 et 1975, la période des Trente Glorieuses, la France connaît comme la majorité des pays développés une forte croissance économique. Celle-ci est la suite de la reconstruction de l’industrie des pays largement dévastés par la guerre et de la modernisation de l’industrie. Donc, l’immigration et l’augmentation du nombre de travailleurs étrangers (redoublement en seulement vingt ans) à partir de 1945 dépendent d’une double nécessité: d’un côté le besoin de main-d’œuvre, de l’autre côté le manque de postes de travails dans les pays en voie de développement (cf. Verneuil 2010 : 207). A partir de 1975, par contre, la crise économique modifie profondément la politique migratoire de la France et le regard des Français sur les immigrés. Surtout la montée du chômage est synonyme de méfiance envers les étrangers et de montée de la xénophobie. Le gouvernement réagit et après la décision du président Valéry Giscard d’Estaing et du Premier ministre Jacques Chirac d’interrompre l’immigration de travail, il proclame la suspension de l’immigration officielle de main d’œuvre en France. Aujourd’hui, bien que les pays développés essaient de rendre l’entrée pour les étrangers plus difficile, le nombre des clandestins augmente et la situation devient de plus en plus précaire. Auprès des jeunes, les enfants d’immigrés, il existe depuis des décennies une figure typique de la précarité représentant les conditions sociales et culturelles. La persistance d’une longue série de problèmes sociaux et économiques affectant les zones urbaines sensibles a marqué l’image des quartiers de l’exil, appelés « ghettos » où les jeunes issus de l’immigration habitent. Même si les jeunes immigrés, nés en France, ont les mêmes droits et possibilités comme la population française, ils ressentent leur appartenance à une double culture comme obstacle. Au lieu de profiter de la chance d’une bonne éducation, d’un emploi décent et d’évolution professionnelle, on associe plutôt des termes d’échec scolaire, de délinquance, d’exclusion sociale et de stigmatisation ethnique avec les jeunes immigrants (cf. Qribi 2012 : 11). L’assimilation de l’immigration aux termes tels que l’insécurité, la violence des banlieues, la criminalité est devenue courante. La population des pays développés a désormais « [une] image déformée, manipulée, hysterisée » (Naïr 2007 : 11) de l’immigration en tête.

2.2 Mythes de la migration

Dans le contexte de la migration, il y a des mythes qui se sont constitués chez les migrants mêmes, dans la société dont ils ont émigré et dans la société dans laquelle ils ont immigré. Le mot vient du grec muthos ce qui signifie « parole ». À l’origine, c’est aussi un récit qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde et de la société (cf. Laacher 2012 : 295). Par extension ce terme décrit une conception collective et une sorte de croyance vague, à laquelle beaucoup de gens s’accrochent. Surtout pour les immigrants les mythes de leur pays natal ont une fonction importante puisque dans les situations difficiles ce sont ces idéologies qui les aident à venir à bout le quotidien. À part de cette sorte des mythes souvent nostalgiques il y a aussi d’autres mythes qui circulent concernant l’économie. Une grande partie du débat politique se base sur les trois mythes suivants: Les immigrés sont un poids pour l’économie, ils prennent les emplois de ceux qui sont sans travail et ils tirent les salaires des Français à la baisse. Les économistes qui étudient l’immigration et même les économistes qui sont par ailleurs critiques envers l’immigration sont presque tous d’accord que ces mythes ne sont pas vrais (cf. Archibald, Galligani 2009 : 221). Mais le but de ce travail sera plutôt d’examiner les mythes conventionnels de la migration et de l’Afrique, puisque c’est le continent où les parents du protagoniste du roman Place des fêtes sont nés. De plus, l’Afrique est, comme Sami Naïr résume en quelques mots « la principale source des migrations en Europe [aujourd’hui comme] demain » (2007 :30). Pendant que le niveau de vie et les revenus pour les Américains du Nord, les Japonais et les Européens de l’Ouest augmentent, la situation de l’Afrique s’aggrave (cf. Naïr 2007 : 29). L’Afrique reste le continent le plus pauvre et le plus marginalisé. 3. Mythes de la migration dans Place des fêtes Le roman Place des fêtes, publié en 2001 de Sami Tchak, représente l’histoire d’une famille d’immigrés togolaise qui est au cœur d’une crise identitaire. Un adolescent né en France, parle de lui, de son quotidien, de son enfance, de sa famille et de ses origines africaines, tout ça en traitant les clichés raciaux typiques hérités du colonialisme. Il aborde plusieurs thèmes contemporains comme le racisme, la sexualité, les métiers sales, les sans-papiers qui sont en relation avec la condition de la population immigrée dans la banlieue parisienne. Les courts chapitres commencent toujours par « putain de.. » (« putain de vies », « putain de nés là-bas ») (Tchak 2001, 9-11). Cette formule vulgaire dont il se sert démontre d’un côté le « bordel » (15) dans lequelle ils vivent et de l’autre côté, elle reflète le malaise existentiel. Cette formule ne sert pas seulement à présenter les chapitres, mais aussi à définir l’ensemble du récit. Le protagoniste, dont le nom n’est pas cité dans le roman, appartient à la deuxième génération vivant à Paris. Il éprouve son nom africain donné par ses parents comme « vilain » (11), c’est pourquoi il ne le trahit pas. Il ne veut pas s’identifier avec ses racines, il poursuit plutôt le but de se démarquer de ses parents, ce que la première phrase du roman montre déjà nettement. Les mots « mes parents sont nés là-bas et […] moi je suis né ici » (9) se répètent souvent dans le roman. On peut constater même une gradation : « Chez eux, ces gens-là savent qu’ils n’auront vraiment plus rien » (32). Dans ce cas-là le protagoniste utilise deux fois des mots pour clarifier qu’il ne fait pas partie de la population africaine. Au cours du roman les lecteurs ne voient seulement l’attitude revêche du protagoniste envers l’Afrique, mais aussi envers les mythes de la migration que le père essaie de maintenir. Il semble que ces mythes sont, à part de sa couleur de peau et son nom, des caractéristiques qu’il ne peut pas changer, le seul lien entre lui et son origine. Donc, il tente de les déconstruit et il accuse et insulte tous ceux qui construisent une image positive et idéalisée de l’Afrique. 3.1 Mythe de retour Dans le roman il y a deux générations qui s’affrontent. L’une qui s’accroche aux mythes traditionnels de la migration, l’autre qui essaie de se libérer de son origine. Puisque le protagoniste n’a jamais quitté un pays qu’il considère comme sa patrie, il ne connaît pas des mythes de la migration, ceux de retour ou d’assimilation. Les immigrants, par contre, qui ont quitté leur pays, éprouvent souvent de l’attrait pour leur patrie à tel point qu’ils rêvent toujours d’un retour. Ils sont venus pour travailler et gagner de l’argent mais tout en poursuivant le but de retourner un jour. Dans le roman de Sami Tchak, ce mythe est personnifié par le père du protagoniste (12). Le désir de retourner est devenu encore plus grand dès que toute sa vie semble être un échec. Il est émigré pour échapper aux guerres, aux instabilités politiques et sociales, au chômage, mais arrivé en France, il se trouve de nouveau confronté aux problèmes similaires. Il ne réussit pas à trouver un emploi et pendant que sa femme gagne de l’argent pour la famille et s’amuse avec d’autres hommes, c’est lui qui s’occupe des enfants et des tâches ménagères (52). Ce sont ces circonstances et le fait d’être impuissant qui le rendent malheureux. Sa femme et ses trois enfants se détournent de plus en plus de lui. A la fin, quand il retourne comme un vieux malade à l’Afrique, ses deux filles qui travaillent comme des prostituées en Hollande ne viennent même pas à l’aéroport pour dire au revoir ce que démontre leur indifférence envers leur père. La dénomination du père comme « paternel » que le fils utilise souvent dans le roman souligne le mépris qu’il éprouve pour son père. Selon lui, l’argent que son père envoie aux gens « là-bas » est le seul lien entre lui et sa patrie (50).

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Details

Seiten
12
Jahr
2013
ISBN (eBook)
9783346011084
ISBN (Buch)
9783346011091
Sprache
Französisch
Katalognummer
v494796
Institution / Hochschule
Johannes Gutenberg-Universität Mainz
Note
1,3
Schlagworte
place fêtes sami tchak

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Titel: La déconstruction des mythes de la migration dans le roman "Place des Fêtes" de Sami Tchak